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Déjà 30 ans – l’ex-maire Bertrand Côté raconte

L’eau potable a servi de catalyseur à la fusion entre Saint-Félicien et Saint-Méthode

Le 16 juillet 2026 — Modifié à 07 h 36 min
Par Jean Tremblay - Journaliste

Le 12 juin 1996, il y a déjà 30 ans, la Ville de Saint-Félicien et la municipalité de Saint-Méthode officialisaient leur fusion municipale, une décision qui allait profondément transformer l’organisation du territoire et ouvrir la voie à un projet attendu depuis de nombreuses années : le raccordement des résidents de Saint-Méthode au réseau d’eau potable de Saint-Félicien. Quelques années plus tard, cette intégration permettait finalement aux citoyens Méthodois d’accéder à une alimentation en eau répondant aux normes modernes.

Au moment de cette fusion, Saint-Méthode regroupait environ 1 200 habitants, tandis que Saint-Félicien comptait près de 9 600 citoyens. L’union des deux municipalités représentait donc bien davantage qu’une simple réorganisation administrative. Elle venait régler un problème d’infrastructure qui préoccupait depuis longtemps les élus et la population.

Aujourd’hui âgé de 83 ans, l’ancien maire de Saint-Félicien, Bertrand Côté, conserve un souvenir très précis de cette période déterminante. Avec une mémoire remarquable, il revient sur les nombreuses démarches politiques et administratives qui ont finalement permis de concrétiser un projet longtemps repoussé, dans un contexte où Saint-Méthode peinait à fournir une eau potable de qualité à l’ensemble de ses citoyens.

Cette décision survenait vingt ans après une autre étape importante de l’histoire municipale locale, soit la fusion de la Ville et de la paroisse de Saint-Félicien, réalisée en 1976.

Un tournant dans l’histoire municipale

L’année 1996 demeure l’un des moments les plus marquants du parcours politique de Bertrand Côté, qui a occupé les fonctions de maire de Saint-Félicien de 1994 à 2006. Parmi les nombreux dossiers traités au cours de son mandat, celui de la fusion avec Saint-Méthode figure toujours parmi les plus importants.

« Nous avons réalisé la fusion de Saint-Méthode avec Saint-Félicien », rappelle simplement l’ancien maire.

À ses yeux, le dossier de l’approvisionnement en eau potable a constitué l’élément déclencheur qui a permis de faire avancer un projet enlisé depuis plusieurs décennies. L’urgence de résoudre les difficultés liées à l’eau potable allait toutefois modifier la donne.

Une demande du maire de Saint-Méthode

Bertrand Côté se souvient que son homologue de Saint-Méthode, Bernard Vaillancourt, l’a invité à dîner à l’Hôtel du Jardin de Saint-Félicien sans lui préciser les motifs de l’invitation.

« Bernard Vaillancourt, le maire de Saint-Méthode, m’a approché pour que nous réglions enfin le problème de l’eau potable. Il m’a expliqué qu’une quinzaine de protocoles avaient déjà été signés au fil des ans afin que les citoyens de Saint-Méthode puissent recevoir leur eau potable à partir du réseau de la municipalité voisine. »

Avant d’envisager une fusion, plusieurs scénarios avaient pourtant fait l’objet d’analyses. Parmi ceux-ci figurait la construction d’une usine municipale de filtration destinée à alimenter exclusivement Saint-Méthode. Rapidement, les études financières ont toutefois démontré que cette avenue dépassait largement la capacité de payer de la petite municipalité.

« Avant toutes nos discussions, Saint-Méthode avait obtenu une garantie de subvention de 4 à 5 millions de dollars dans le cadre du Programme d’aide aux projets d’alimentation en eau potable (APR-90), un programme gouvernemental conçu pour soutenir les municipalités dans la réalisation d’infrastructures de production et de distribution d’eau potable. »

Malgré cette contribution financière importante du gouvernement, les coûts résiduels demeuraient considérables. Les estimations de l’époque indiquaient que chaque propriété raccordée aurait dû absorber une facture supplémentaire variant entre 15 000 $ et 20 000 $, une somme jugée inabordable pour une grande partie des ménages.

Une seule option possible

Les élus ont donc rapidement compris que cette option ne pouvait se concrétiser.

« Il faut aussi se rappeler que l’eau de Saint-Méthode provenait alors principalement de puits artésiens individuels. Dans plusieurs secteurs, cette eau présentait une coloration jaunâtre accompagnée d’une forte odeur de soufre. Les citoyens de Saint-Méthode ne pouvaient pas assumer une telle facture. La seule solution réaliste consistait donc à raccorder la municipalité au réseau d’eau potable de Saint-Félicien. »

Pour Bertrand Côté, cette réalité financière, combinée aux difficultés d’approvisionnement en eau potable, a finalement fourni l’impulsion nécessaire pour convaincre les deux conseils municipaux d’aller de l’avant avec un projet de fusion. Une fois les deux municipalités réunies sous une même administration, le prolongement du réseau d’aqueduc devenait beaucoup plus facile à planifier et à financer, permettant ainsi de répondre à un besoin essentiel de la population Méthodoise.

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