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L’IDQ estime que le Québec devra miser sur la croissance économique pour réduire son déficit

Le 19 octobre 2026 - Modifié à 10 h 08 min
Par Charles-Antoine Desmeules - Journaliste

L’Institut du Québec (IDQ) dévoile une nouvelle étude qui laisse entendre que le gouvernement provincial devra faire plus que couper dans les dépenses de l’État pour contrôler les dépenses et le déficit budgétaire. Une augmentation du nombre de travailleurs et un meilleur accès à des emplois de qualité seraient notamment nécessaires pour assurer un bon développement économique.

« Le Québec ne pourra pas équilibrer durablement ses finances uniquement en coupant. L’équilibre budgétaire doit être le point de départ d’une véritable vision : faire croître l’économie pour faire croître nos revenus. Nos analyses montrent que l’élargissement du bassin de travailleurs, notamment en prolongeant les carrières, est le levier qui contribue le plus à réduire les déficits à venir », affirme Emna Braham, présidente-directrice générale de l’IDQ.

Pour remédier à la situation, l’IDQ estime que le gouvernement devra s’attaquer à trois leviers importants de croissance économique afin que les revenus de l’État suivent le rythme des dépenses à long terme, soit hausser le taux d’emploi, accroître l’immigration et améliorer la productivité.

Il y a quelques mois, le gouvernement du Québec s’est engagé à éliminer le déficit budgétaire d’ici 2030, principalement en freinant la croissance des dépenses. Toutefois, même s’il est atteint, cet équilibre risque d’être de courte durée : sans nouvelles compressions après 2030, les dépenses recommenceraient à croître plus vite que les revenus et les déficits réapparaîtraient, ajoute l’IDQ.

Prolonger les carrières

Selon les résultats de 27 scénarios simulés, une hausse du taux d’emploi des personnes déjà présentes au Québec réduirait le déficit projeté en 2045, le faisant passer de 2,1 % à 0,6 % du PIB. Cette mesure viserait notamment à favoriser le maintien en emploi des travailleurs plus expérimentés.

« L’objectif n’est pas de repousser l’âge de la retraite pour tout le monde. Il faut plutôt créer les conditions qui permettent à ceux qui le souhaitent et qui le peuvent de travailler plus longtemps. Vieillir en meilleure santé, adapter les milieux de travail et faciliter la conciliation travail-vie personnelle peuvent faire une réelle différence », explique Emna Braham.

Au Québec, une marge de progression est encore possible avant que la hausse du taux d’emploi des personnes plus âgées atteigne un niveau jugé inacceptable. En effet, 41 % des personnes âgées de 60 à 69 ans occupent un emploi dans la province, contre 44 % en Ontario et 47 % en Allemagne, donne en exemple l’IDQ.

L’immigration contribue aussi à réduire le déficit

Selon l’organisme, une immigration plus élevée améliorerait également la trajectoire budgétaire. Pendant la campagne électorale, le Parti québécois a proposé de fixer à 35 000 le nombre d’admissions permanentes par année.

Encore une fois, selon les scénarios étudiés, le déficit représenterait 2,8 % du PIB en 2045 avec 25 000 admissions par année, contre 1,5 % avec 65 000 admissions.

Une immigration plus élevée entraîne des dépenses publiques supplémentaires, mais elle génère aussi davantage de revenus pour l’État. Au final, elle contribue à réduire le déficit.

Une économie plus productive, ainsi qu’une meilleure mesure des services rendus par rapport aux ressources utilisées, seraient essentielles pour améliorer le niveau de vie et créer de la richesse au Québec.

Maintenir l’équilibre au-delà de 2030

Le ralentissement marqué des dépenses prévu au cours des trois prochaines années pourrait également créer des besoins de rattrapage après 2030 et accentuer les pressions sur les finances publiques. L’IDQ croit qu’il faudra profiter de cette période non seulement pour améliorer l’efficacité de l’État dans la prestation des services publics, mais aussi pour renforcer la capacité du Québec à générer des revenus à long terme.

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