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Chroniques

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Joyeux Noël et bonne dette!

Le 26 juillet 2010 — Modifié à 00 h 00 min le 26 juillet 2010
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Joyeux Noël et bonne dette!

À l'approche du temps des Fêtes, j'ai l'impression que tout coûte plus cher et que nous sommes plus portés à dépenser à l'aveuglette. Dans les magasins, dans la rue, dans nos boîtes aux lettres, sur Internet, tout semble plus alléchant, ce qui nous incite à consommer. Les cartes de crédit semblent utiles pour faire face à des dépenses parfois imprévues. Elles sont séduisantes et faciles à obtenir. Mais elles risquent de nous coûter cher... Bref, après Noël, nous risquons encore d'avoir une belle surprise.

Je ne comprends pas encore comment il se fait que nous soyons si peu informés sur le crédit. D'année en année, la Coalition des associations de consommateurs du Québec lance sa campagne de sensibilisation « Dans la marge jusqu'au cou ».

Nous pouvons nous entendre pour dire que cette campagne pourrait se faire toute l'année, mais c'est toujours à la fin du mois de novembre, à l'approche du temps de Fêtes, que la coalition déclare la lutte au crédit. Pourquoi? La raison est bien simple : l'Homme est seulement plus vulnérable en cette période de l'année. Les rapaces du crédit n'ont qu'à le chatouiller un peu avant de lui remettre sa carte financée à un taux d'intérêt de 22 %.

La dépense apporte le bonheur

Le dicton l'argent fait le bonheur est fort de sens. C'est dommage, nous oublions le véritable sens des Fêtes au détriment de notre carte de crédit. Nous nous imaginons que le bonheur des gens passera avant tout par ce que nous déposerons sous le sapin de Noël.

Le crédit nous permet de profiter d'un répit entre l'acquisition et le paiement des articles. C'est efficace, sauf que si la note n'est pas réglée avant que le sapin soit retourné dans sa boîte, l'utilisateur se voit pris avec une dette de crédit. D'après Statistique Canada, près de 50 % des Canadiens de 25 à 44 ans avaient une dette de crédit en 2001.

Dette surprise!

Un sondage effectué par La Presse et le Toronto Star en 2006, affirmait que près de la moitié des Canadiens achètent les cadeaux de Noël par carte de crédit. En moyenne, les Canadiens mettent près de deux mois à rembourser les dettes du temps des Fêtes. À travers le flot de sollicitations et de publicités sur le crédit que les consommateurs reçoivent, les obligations et les responsabilités ne sont jamais présentées très clairement. Bref, on se fait solliciter plusieurs fois par mois, par des compagnies qui disent que nous serons en mesure de réaliser nos rêves dès maintenant, sans attendre, que tout est possible avec la carte de crédit. Imaginez à l'approche des Fêtes, la tentation est d’autant plus grande puisque tous ont envie de faire plaisir aux êtres chers.

Il n’est pas étonnant que les consommateurs utilisent de plus en plus la carte de crédit pour acheter les cadeaux de Noël. Par contre, il est étonnant de savoir qu'environ 6 % des Canadiens sont encore en train de rembourser les cadeaux…de l’an dernier.

Les Services budgétaires de Roberval et Saint-Félicien ont lancé cette semaine leur campagne contre le crédit. Effectivement, quand nous regardons les statistiques, nous voyons bien qu'une lutte doit encore être menée afin que le crédit soit utilisé d'une manière efficace et intelligente.

Les émetteurs de crédit diront que les consommateurs sont assez intelligents pour faire des choix qui conviennent à leur situation financière. Le problème n’est pas là. Les sollicitations et les publicités sur le crédit ne s’adressent pas à l’intelligence des consommateurs, mais bien à nos émotions et à notre impulsivité. D’ailleurs, le temps des Fêtes n’est-il pas une période propice pour jouer avec la corde sensible de nos émotions?

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