Chroniques

Temps de lecture : 1 min 49 s

Le yâbe se cache dans les portails

Le 28 février 2023 — Modifié à 10 h 52 min
Par Mélyna Girard

Jasette de la gazette

Je ne sais pas par où commencer tellement je me sens perdue devant la multiplication des portails, plateformes ou patentes-à-gosses qui sont en train de devenir la nouvelle norme de communication, se propageant comme une gonorrhée grimpante.

Ça me fait royalement suer de m’inscrire sur une plateforme qui va me servir une fois l’an pour renouveler la médaille de mon chien à la ville. Parce que l’an prochain, j’aurai égaré mon nom d’usager, et ça se peut qu’en tentant de le récupérer je me trompe à la question de sécurité : Qui est votre chanteur préféré?

J’hais, j’exècre, j’abhorre le portail parent et si je me fie à mon entourage, je ne suis pas un cas isolé. J’ai essayé de me conformer, je n’y arrive pas. Parce que c’est pas vrai que tout se trouve à la même place. Pendant que tu as un prof qui trippe sur Classe Dojo, t’en a un qui ne jure que par Klassroom. Eille, vive la pochette-facteur!

Ces portails me tuent. Premièrement, je n’ai pas assez de mots de passe stockés dans ma mémoire de poisson rouge pour me souvenir d’un différent pour chaque endroit. Ce qui fait de moi la personne la plus facile à pirater de l’univers parce que malgré les recommandations, je mets le même partout, à un point d’exclamation près.

Ensuite, je trouve que ça déshumanise un monde qui a besoin de plus d’humanité. Moi, quand je vais renouveler la médaille de mon chien, je m’attends que le commis s’extasie au moins 15 secondes avec moi pendant que je lui montre la photo du pitou en question. Est-ce trop demander?

Parlez-moi! Je ne suis pas un robot comme je dois le prouver sans arrêt en indiquant le nombre de cases où on aperçoit un trottoir. J’ai un cœur qui bat. Des sentiments. Peu de patience.

Je brûlerais les serveurs de clic-SÉQUR, cette plateforme gouvernementale me donne le goût de m’ouvrir les veines en me frottant vigoureusement les poignets avec mon avis de cotisation 2016, le dernier que j’ai eu le bonheur de recevoir en papier.

Pour valider mon identité, je dois inscrire, sans les cents, le montant de la ligne 199 de ma déclaration provinciale précédente.

La plateforme a jugé que la réponse « pas assez » ne convenait pas, je me suis tournée derechef vers mon cabinet comptable parce qu’un moment donné, ça fera.

« Bien sûr, nous pouvons vous aider à récupérer cette information, vos déclarations précédentes ont été déposées sur notre portail sécurisé. »

J’abandonne.


Chaque semaine, un membre de l'équipe de Trium Médias prend parole sur un sujet de son choix, C'est La Jasette de la gazette.

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