Chroniques

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Nourriture fade, facture salée

Le 08 août 2024 — Modifié à 07 h 00 min
Par Roger Lemay

Je ne nommerai aucun restaurant, même si l’envie est grande. Mais mes dernières expériences dans des restos de la région m’ont fait bondir. Premièrement en raison des factures, et deuxio, en raison des saveurs. 

Heureusement pour mon portefeuille je ne suis pas un grand habitué des restaurants. Je préfère, et de loin, cuisiner une bonne bouffe à la maison, inviter les amis, la parenté, pouvoir discuter librement sans avoir peur de déranger les voisins, mettre de la musique, sortir une bonne bouteille sans la payer deux ou trois fois le prix qu’elle vaut. Une habitude qui s’est incrustée davantage en pandémie (confinement oblige) mais aussi, et ça s’explique, depuis ma semi-retraite. 

Quoiqu’il en soit, si des occasions se présentent, c’est quand même une joie de sortir de la routine et d’investir un établissement promettant une bonne table. Or mes dernières visites au resto m’ont plutôt laissé un goût amer.  Dans un steakhouse de Saguenay, alors que j’avais commandé un steak médium-saignant, il m’est arrivé à peine cuit, il a fallu que je me batte avec ma pièce, que je n’ai même pas finie. Pour le vin, on n’avait le choix qu’entre le verre ou la bouteille. Qu’est-il arrivé avec les deux autres options que sont la demi-bouteille ou le quart de litre ? Pourquoi ne les offre-t-on à peu près nulle part ? Évidemment le profit est beaucoup plus intéressant quand on charge au verre… 

À un autre endroit, très réputé à Chicoutimi, l’entrée était fade, le plat principal raté et sans saveur, alors que son appellation faisait presque 3 phrases… On nous promettait un voyage gastronomique inoubliable. C’est plutôt la facture que je n’oublierai pas. Très, trop salée. Attention, je ne suis pas chiche. Je ne répugne pas à dépenser ce qu’il faut pour un plat qui en vaut le détour. Mais disons que pour 150$ pour un apéro, une entrée, un plat principal et deux verres de vin, je m’attends à plus de goût qu’un repas préparé sur les tablettes de Métro ou d’IGA. 

Deux exceptions ? Suis-je tout simplement mal tombé deux fois de suite en deux semaines ? Les chefs étaient-ils en vacances et suis-je tombé sur des apprentis sans grande expérience ? Je sais très bien que le monde de la restauration vit les contrecoups de la hausse des prix, notamment, de la viande, des fruits et des légumes. Que la pénurie de main d’œuvre affecte toujours les établissements. Mais un resto haut de gamme se doit de livrer la marchandise, sous peine de perdre sa réputation. Pour ma part, je vais leur laisser une autre chance, car je crois qu’il est toujours possible qu’il s’agissait d’une mauvaise journée au bureau pour ces restaurateurs. Mais pour les touristes de passage, et qui retournent déçus, il est trop tard.

Les restaurateurs ont augmenté en moyenne, en deux ans, leur facture aux clients de 10 à 15 %. Ça s’explique; la hausse du coût des loyers, des salaires des employés (qui se font rares), de l’huile d’olive et de canola, du poulet, de la viande rouge, du fromage. Mais l’équilibre est fragile entre les coûts de production, la marge de profit, et l’acceptation des clients à payer pour un produit de luxe. Il ne faudrait pas qu’ils l’oublient.    

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