Paul Asmuth à Roberval pour son livre en français

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Par Louis Potvin
Paul Asmuth à Roberval pour son livre en français

On reconnaît les grands athlètes à leur grandeur d’âme. Le nageur Paul Asmuth fait partie de ces êtres d’exception. L’Américain a décidé de faire traduire son livre Marathon Swimming : The Sport of the Soul  pour remercier les gens du Québec, mais surtout les Robervalois de l’avoir tant chéri lors de sa brillante carrière.

Beaucoup d’émotions ont remonté à la surface quand il a présenté son livre à la cinquantaine d’invités rassemblés à la bibliothèque Georges-Henri Lévesque pour le lancement de la version française La nage en en eau libre : sport de l’âme.

C’est un coup du destin qui l’a mené à participer à sa première Traversée du lac Saint-Jean. Espoir olympique, son rêve s’effondre quand les États-Unis boycottent les Jeux olympiques de Moscou en 1980.

« J’ai eu une décision importante à prendre. Est-ce que je continuais et attendais les prochains Jeux ou je devenais professionnel de natation. Je ne regretterai jamais mon choix », a confié en entrevue Paul Asmuth.

« Mon premier marathon a été à La Tuque et j’ai été impressionné. Mais quand j’ai participé à celui de Roberval, je n’en revenais pas de l’accueil et du nombre de personnes présentes sur le lac et à l’arrivée. Pour un jeune de 22 ans, c’était impressionnant. C’est à ce moment que je suis tombé en amour avec le sport et Roberval. »

Humilité

Paul Asmuth a rencontré de nombreux amis lors du lancement de son livre, dont Denis Lebel, Jérémy Bonneau et Jean-Guy Tardif. (Photo Trium Médias – Louis Potvin)

À sa première présence, il s’impose et gagne la Traversée. Il devient donc un chouchou des Robervalois, tout comme Claudio Pitt.

Ce début fulgurant s’est poursuivi pour devenir une véritable légende de la nage en eau libre. En 12 ans de carrière, il a participé à 59 marathons et il en a remporté 31.

« Je ne voulais pas faire un livre sur mes victoires ou mes exploits, ce n’est pas ça qui est intéressant. Ce que je voulais partager, c’est ce que m’a apporté ce sport. C’est grâce à la natation que je suis devenu l’homme que je suis. Ça prend une bonne attitude, de la visualisation, du respect, de la passion, mais surtout de l’humilité. »

Paul Asmuth tenait aussi à écrire des chapitres sur les entraineurs qui lui ont permis d’améliorer sa technique et apprendre à souffrir pour s’améliorer.

« Sans eux, je ne suis rien! Ils m’ont inspiré et aidé à forger ma force de caractère », mentionne celui qui a commencé à nager à 7 ans, mais à s’entrainer sérieusement à l’âge de 13 ans.

Plus beau souvenir

Sa force de caractère, il l’a démontré en 2004 lors de la 50e de la Traversée. Âgé de 46 ans, il a accepté le défi de tenter à nouveau de vaincre le cruel Piekuagami. Et ce en 7h 41 min. Pas mal pour un vieux.

« Je crois que c’est le plus beau souvenir que je garderai de Roberval puisque toute ma famille était présente et que c’était un très gros accomplissement pour moi de me remettre à l’entrainement. Et l’amour que j’ai senti dans la foule cette journée-là va rester dans ma mémoire toute ma vie », laisse-t-il tomber les yeux brillant de fierté.

Paul Asmuth va être reconnaissant toute sa vie des gens qui l’ont sauvé in extremis.(courtoisie)

À deux doigts de la mort

Une leçon pour toute une vie

La carrière de Paul Asmuth aurait pu se terminer brutalement en 1981. Sans la vigilance de son frère et entraineur, John, et la rapidité d’exécution de Robervalois comme l’ex-maire Michel Larouche et l’agent immobilier, Rémy Leclerc, le nageur aurait pu couler au fond du lac Saint-Jean.

Ils m’ont sauvé la vie! Je ne garde que de vagues souvenirs de ce qui s’est passé. C’est mon frère qui m’a raconté après que je fus soigné. Je serai toute ma vie reconnaissant pour ces gens. Cet événement m’a aidé pour la suite de ma carrière, il faut savoir s’écouter et ne pas dépasser les limites. »

En 1981, le lac Saint-Jean n’est pas commode. Paul commence à sentir les effets de l’hypothermie depuis un bout de temps, mais comme il se trouve à environ 1 km de l’arrivée, il n’écoute pas les signes.

Son frère se rend compte qu’il n’entend plus ses consignes et qu’il semble désorienté. Le bateau de sécurité arrive à temps alors qu’il n’avance plus et s’apprête à couler. Les sauveteurs ont réussi à l’agripper à temps.

« C’est mon frère qui a des problèmes de santé qui m’a donné l’impulsion pour me lancer dans l’écriture de ce livre. Et je devais commencer le livre avec ce chapitre qui montre que c’est le lac qui m’a vaincu. Ç’a été la plus grande leçon de toute ma vie! »

Le début du livre est effectivement poignant et démontre la qualité de la plume de Paul Asmuth. On est captivé et on saisit toute l’humilité de cet athlète.

Témoignages

Au fil des ans, Paul Asmuth s’est fait des amis à Roberval. Il était très heureux et ému de les voir pour le lancement du livre.

En particulier, Stéphane Morin, le fils d’une famille qui l’a hébergé.

Paul Asmuth était bien heureux de revoir Stéphane Morin. Sa famille l’a hébergé durant quelques années pendant la Traversée. (Photo Trium Médias – Louis Potvin)

« Pour nous, c’était quelque chose d’héberger ces athlètes.  Mais c’est surtout la gentillesse et la simplicité de Paul qui a marqué mes parents et moi. C’est un être exceptionnel. »

Pour l’ancien président de la Traversée Roger Gervais, Paul Asmuth était une idole.

« Je nageais dans la piscine creusée de mes parents et j’étais Paul Asmuth qui touchait à la plaque d’arrivée et j’entendais et voyais la foule m’applaudir. »

Denis Lebel ne tarit pas d’éloges envers Paul Asmuth.

« Il est le nageur le plus déterminé et probablement celui qui avait le plus grand attachement pour Roberval. Signe d’un grand champion, il a décidé de prendre 20 livres pour être en mesure de gagner l’aller-retour en 1989. C’est un athlète brillant qui ne laissait rien au hasard. Sa préparation était exemplaire. »

Le livre est en vente au bureau de la Traversée et sur Amazon.

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