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Des jeunes de Mashteuiatsh vivent une première expérience de travail

Le 26 juillet 2010 — Modifié à 00 h 00 min le 26 juillet 2010
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Une première expérience d'emploi visant l'acquisition et le développement des compétences liées au marché du travail vient d'être implantée dans la communauté autochtone de Mashteuiatsh. Huit jeunes de la communauté font partie de la nouvelle entreprise d'insertion sociale Kauauitshitau. L'entreprise mise sur pied par le Secteur du développement de la main-d'œuvre du Conseil des Montagnais du Lac-Saint-Jean est dédiée à la production horticole.

Ce projet rassembleur destiné aux jeunes de 16 à 30 ans leur permet de renforcer leur identité et de poursuivre leur développement personnel et professionnel, dans le cadre d'une expérience de travail : « La communauté devait agir, car le taux de jeunes n'ayant pas de revenu ou bénéficiant de la sécurité du revenu est trop élevé. En quelques années, le taux de jeunes de 18 à 30 ans bénéficiant de la sécurité est passé de 21 % à 30 %. Il était important que le Conseil des Montagnais entreprenne un projet pour développer le côté socioprofessionnel des jeunes de la communauté », mentionne Isabelle Genest, responsable du développement de la main-d'œuvre.

Une cohorte a été formée en décembre 2009 en vue de franchir les premières étapes pour la mise en place du projet. Les jeunes ont notamment contribué à la réalisation de leur plan de développement individuel et participé à divers ateliers de développement des compétences et de l'employabilité. La phase deux, qui est débutée, consiste à l'inauguration de l'entreprise et au lancement de la production estivale. Les participants ont reçu une formation en horticulture et son présentement en emploi. Jusqu'à la fin de juin 2010, ils travaillent à la production de fleurs ornementales. Par la suite, ils pourront parfaire leurs connaissances dans la production de plantes indigènes et médicinales en collaboration avec le Parc sacré de Mashteuiatsh. « Ce projet concret de formation à l'emploi contribue assurément, pour les participants, à trouver leur voie et à développer leur plein potentiel. Je suis très fier d'assister au lancement de cette entreprise d'insertion sociale qui implique la jeunesse et de constater la mobilisation des divers acteurs pour la réussite des jeunes Pekuakamiulnuatsh », affirme le chef de la communauté, Gilbert Dominique.

L'entreprise se nomme Kauauitshitau, ce qui signifie entraide. Le logo de l'entreprise représente une fleur, dont les pétales sont formés par des tipis et le centre de la fleur est un tambour, dont les couleurs des quatre races de la Terre sont présentes. Le logo regroupe donc plusieurs symboles de la nation autochtone. La fleur devient un capteur de rêves, avec des plumes à la base qui représentent les cinq saisons. « Cette annonce qui me rend fier arrive au bon moment. Présentement, nous sommes au préprintemps, la nation autochtone compte cinq saisons. Le préprintemps, qui se dit Shikuan, est présent juste avant la fin du dégel. J'y vois un lien avec le cheminement des jeunes participants qui depuis le début de l'hiver ont emmagasiné du soleil et sont maintenant prêts à nous livrer le fruit de leurs efforts », affirme Gilbert Dominique.

Une réussite fleurissante Pour la directrice, Éducation et main-d'œuvre, Marie-Claude Gill, le projet d'entreprise d'insertion sociale s'inscrit dans la planification quinquennale du service en offrant une alternative aux jeunes qui ont quitté le système scolaire : « Le service Éducation et main-d'œuvre désire offrir des formations diversifiées permettant l'accès au marché du travail. Ce projet favorise l'estime de soi en mettant les jeunes dans un réel contexte d'action et de travail. Il viendra soutenir une réflexion à l'égard de l'implantation d'un nouveau service d'insertion socioprofessionnelle », souligne-t-elle. Pour réaliser ce projet pilote, le Secteur du développement de la main-d'œuvre du Conseil des Montagnais du Lac-Saint-Jean a reçu un appui financier de 350 000 $ provenant du Fonds d'investissement stratégique pour les compétences et la formation des Autochtones de Ressources humaines et Développement de compétences Canada. « Ce projet était sur la table depuis plus de quatre ans, mais le financement a été difficile à trouver, car aucune enveloppe pour ce type de projet n'existe. La démarche a été longue, mais nous avons réussi. Par contre, si nous voulons que le projet soit reconduit, nous allons devoir travailler fort encore, car il ne s'agit pas d'un financement récurant », mentionne Mme Gill.

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