Actualités

Temps de lecture : 2 min 58 s

Les regrets du député Michel Gauthier

Le 26 juillet 2010 — Modifié à 00 h 00 min le 26 juillet 2010
Par julie lambert

Les regrets du député Michel Gauthier

Le député du Bloc québécois du comté Roberval-Lac-Saint-Jean, Michel Gauthier, quittera la vie politique au cours des prochains mois. Après 26 ans de carrière, le bloquiste a derrière lui beaucoup de réussites et aussi quelques échecs qu’il ne peut oublier.

Michel Gauthier a parlé à cœur ouvert de sa carrière politique et aussi de sa vie lors d’une conférence donnée dans le cadre de «Chambord a 150 ans». Natif de la ville de Québec, c’est à l’âge de deux ans que sa famille de sept enfants s’est établi à Chambord. Son père a mené une vie politique active dans l’Union nationale et sa mère était une femme au foyer. «Je suis le seul à être demeuré ici. Tous les autres membres de ma famille sont partis à l’extérieur pour une question de profession», mentionne-t-il.

Sa carrière politique a débuté en 1981 lorsqu’il a été élu, à l’Assemblée nationale, député de Roberval pour le Parti québécois, une fonction qu’il a assurée jusqu’en 1988. « Je ne voulais rien savoir de la vie d’un député parce que c’était une vraie vie de fou. En plus, j’avais deux enfants», a-t-il lancé lors de la conférence. C’est pourquoi, il a arrêté en 1988 pour devenir directeur général de la Commission scolaire de Roberval jusqu’en 1993.

C’est à ce moment qu’il a reçu un appel qui le ramena sur le chemin de la politique. Lucien Bouchard lui a demandé son aide pour compléter son équipe lors de la fondation du Bloc québécois. M. Gauthier n’était toujours pas intéressé et il chercha auprès de ses relations. Personne ne répondit à l’appel, alors il se laissa convaincre par son ami, Louis-Georges Launière, et aussi sa femme de prendre le poste. Il est donc devenu député à la Chambre des communes et leader parlementaire du Bloc québécois en 1993.

Des joies et des regrets

Des difficultés de la vie d’un député aux joies de débattre de dossiers importants, Michel Gauthier n’a que quelques regrets parmi cette longue carrière. Un de ceux-là est le train de vie d’un député « Tu n’arrêtes pas une minute. Tu sors d’un comité vers 21h30 et tu passes à ton bureau pour prendre les messages de la journée. Il est 23h00 et tu devrais répondre aux 32 messages que tu as eus », souligne-t-il.

Une chose qu’il ne pouvait faire et que les gens prenaient souvent pour du mépris de sa part. «Si vous saviez la quantité exceptionnelle de sollicitations qu’on a, vous nous pardonneriez », argumente M. Gauthier.

Parmi ses autres regrets, il cite sa nomination en tant que chef du Bloc québécois en 1996 et 1997. Cette expérience l’a profondément blessé. En effet, en 1996, Lucien Bouchard a quitté le Bloc pour le Parti québécois. Il amena avec lui tous les espoirs de l’ancien chef car la moitié de son équipe le suivit. «Le lendemain de son départ, j’aurais dû engager 25 personnes immédiatement. J’ai donc dû prendre du temps. À la fin, j’étais épuisé», soupire Michel Gauthier. Pendant l’été, il a dû jongler avec l’embauche du nouveau personnel et des personnes qui sapaient son autorité. C’est pour cette raison qu’il décida de faire un caucus. « Si vous voulez savoir si un chef est fini, vous regardez si le lendemain le caucus se retrouve dans tous les journaux. S’il l’est, c’est fini», explique avec nostalgie M. Gauthier.

Cette situation l’a obligé à réfléchir. «J’ai compris qu’un chef ne pouvait pas être député d’un comté en même temps, parce qu’il était pénalisé sur sa vie. Combien de fins de semaine j’ai passé dans les hôtels sans pouvoir revenir chez moi? Cela a été une catastrophe dans ma vie» déclare-t-il avec emphase.

Une véritable passion

Malgré ces regrets, la vie de député était une passion pour lui. «C’est tellement une vie stimulante. C’est comme si tu te droguais. Tu es pris là-dedans. À chaque élection, vous dites que c’est votre dernière et quand tu vois que tes dossiers avancent bien, tu veux continuer», évoque en riant le député.

Il quitte la vie politique en raison d’un problème de santé, mais tout ne s’arrête pas là pour autant. Pour sa retraite, M. Gauthier participera à une émission à TQS sur l’heure du midi et à une chronique lors du bulletin de nouvelles en soirée.

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES