Chroniques

Temps de lecture : 2 min 0 s

Nos petits bleuets, cet immense trésor

Le 24 juillet 2024 — Modifié à 13 h 45 min
Par Roger Lemay

C’est le temps de la récolte des bleuets et j’ai eu le goût de vous en parler, tout autant que d’en manger…

D’abord, sachez qu’au secondaire, je n’ai jamais été très bon en mathématiques ni en sciences en général. Pourtant aujourd’hui, paradoxalement, je m’intéresse beaucoup à l’économie, à la finance et même à l’astrophysique… Or j’espère ne pas trop vous noyer dans un océan de chiffres dans les paragraphes qui vont suivre, mais comme je veux illustrer l’importance du bleuet dans notre paysage local, je n’ai pas le choix d’en lancer quelques-uns. Car pour brosser le portrait de l’industrie du bleuet dans la région, les chiffres parlent.

Bref rappel historique : c’est en raison du grand feu de 1870, ayant dévasté plus des deux tiers de la région, qu’on retrouve aujourd’hui tant de bleuets au Saguenay et au Lac-Saint-Jean. Comme quoi à toute chose malheur est bon. Les plants de bleuets étaient déjà bien présents en forêt, mais d’autres ont émergé de manière exponentielle à la suite de l’incendie.

C’est qu’après un feu, de nouvelles tiges sont produites à partir des rhizomes, grâce à l’apport important de minéraux provenant des cendres des arbres. Dans les années 50, il était même fréquent de voir les propriétaires de lots à bois mettre volontairement le feu à leur forêt pour permettre la venue de nouveaux plants de bleuets, cette pratique n’étant plus permise aujourd’hui.

Résultat, les bleuetières occupent maintenant 20 % du territoire agricole (27 000 hectares sur 135 000), ce qui fait du Saguenay-Lac- Saint-Jean la championne toute catégorie de la production au pays. La récolte en bleuetières a aussi muté. Grâce à des techniques plus efficaces et à un climat favorable, elle est passée, en une décennie à peine, de 50 millions à 100 millions de livres annuellement. Par contre, la cueillette en forêt a littéralement fondu durant la même période, d’un million de livres à 500 000 livres en moyenne, faute de cueilleurs.

Notre industrie est également en santé : 80 % des producteurs de la province se retrouvent chez nous, 95 % de tous les bleuets récoltés prennent la direction des usines de congélation de Saint-Bruno, de Saint-Félicien et de Dolbeau-Mistassini, pour être par la suite transformés et expédiés dans une trentaine de pays, notre principal client étant les États-Unis (51 %). C’est donc aussi une manne économique ; l’industrie du bleuet donne de l’emploi à temps plein à 1500 de nos concitoyens, en plus des 3000 cueilleurs en saison. Il s’agit de la deuxième production agricole en importance ici, après la production laitière.

Alors, vous l’aimez encore plus, notre petit fruit bleu ?

Encore une petite chose. Si vous vous réveillez avec le cafard un de ces quatre matins et que vous ne savez pas quoi faire de votre journée, allez constater l’effet bénéfique de quelques heures passées sur une bleuetière, entouré de talles à perte de vue. Guérison assurée, c’est même euphorisant…

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié hier à 7h00

"Pendant mon absence, veuillez ne pas me laisser de message"

Il y a peu de plaisirs aussi sous-estimés que celui d’éteindre le fan du poêle. Quand ça fait une heure qu’il roule mais que tu ne l’entends plus vraiment, jusqu’à ce que tu pèses sur off. Aaaaaaaaah. Le soulagement est instantané et pour ma part, je ressens quelque chose de physique dans le corps, quand quelque chose dont je n’ai pas ...

Publié le 10 septembre 2026

Peinturer par-dessus l’histoire.

Quand j'étais petite, à l'école, on nous parlait de Pointe-Bleue. Aujourd'hui, on dit Mashteuiatsh. Et depuis quelques années, on entend de plus en plus souvent Pekuakami pour parler du lac Saint-Jean, parce qu’il possédait évidemment un nom avant d’être rebaptisé. Je ne pense pas que demain matin tout le monde va arrêter de dire lac Saint-Jean, ...

Publié le 29 août 2026

Une grosse leçon aux influenceurs

Si vous fréquentez ne serait-ce qu'un peu les réseaux sociaux, vous avez sûrement entendu parler des influenceurs sur le bateau à Miami et de la controverse qui s'en est suivie avec les propos sexistes d'un bijoutier de Québec. Je n'ai pas envie de m'en prendre à ces créateurs de contenu. Toutefois, il faut se poser beaucoup de questions relatives à ...