Chroniques

Temps de lecture : 2 min 15 s

L'éloge de la relâche

Louis Potvin
Le 20 mars 2023 — Modifié à 11 h 49 min
Par Louis Potvin - Rédacteur en chef

Jasette de la gazette

J’en avais besoin.

T’sé quand tu es pu capable et que tu penses changer de job. Parce que tu es à bouttttte.

Et bien la semaine de relâche arrive souvent à point pour ventiler un peu… même pas mal.

Elle arrive aussi à point pour les jeunes, surtout ceux du secondaire. Les ados ont des horaires serrés avec l’école, les devoirs, le sport et souvent un travail. Souffler, nom de Dieu!

Même chose pour nous les adultes. On semble s’inventer du stress au travail pour réussir à performer alors qu’on pourrait prendre ça cool tout en étant efficace. De la pression inutile qu’on se met sur les épaules alors que les urgences sont relatives. On ne fait pas des opérations à cœur ouvert…

C’est notre rythme de vie qui impose ça. On dirait qu’on se dépêche pour pas grand-chose, pour rien au fond. On ne prend plus le temps. On pédale dans le beurre.

Est-ce pour cette raison que la relâche a été inventée? Qu’on relâche notre trop plein pour tomber dans une belle et salvatrice oisiveté?

C’était probablement ma plus belle! Oui, je dis ça chaque année. Au programme : ski de fond dans le coin de Québec. Et maman et fillotte, le ski alpin. En prime, l’accueil proverbial de tante Danielle et oncle Maurice.

Décrocher. Complètement décrocher. Dans mon cas, ç’a commencé rapidement avec du ski au camp Mercier. On n’est pas loin du Nirvana. La SEPAQ, ils l’ont l’affaire. Des installations magnifiques et un entretien de sentiers sur la coche dans un paysage à couper le souffle. Alors que je m’époumonais dans une côte, j’oubliais déjà que j’étais journaliste et les réseaux sociaux n’existaient plus.

Un détour par Stoneham pour quelques mousses de la Souche, pour ajouter au plaisir. Et ce n’était que ma première journée…

Le lendemain. Je prends les skis dans mes mains et monte l’escalier escarpé de la rue Champlain pour aboutir sur les Plaines. Là encore, assez trippant de faire du ski en plein cœur de la capitale.

Ma fille avait un sourire régénéré après avoir skié dans 15 pouces de poudreuse avec le fleuve à l’ avant-plan. Une semaine qui lui a permis de décrocher de sa vie d’étudiante et de profiter de ces moments de grâce que la vie nous offre. Radieuse. Et pourquoi pas une autre relâche à l’automne pour les élèves?

Une semaine sans courriels et réseau sociaux, on déconnecte d’aplomb. Moi, c’est le sport, d’autres la télévision, l’ordinateur ou le tricot. Vous avez compris le message ; tomber en synchronie avec soi-même.

J’aurais fait une aussi belle relâche chez nous avec du ski au Tobo-ski, au Norvégien ou à Albanel. L’effet aurait été le même. Se départir de notre vie professionnelle une semaine. Plonger dans le moment présent à ne faire qu’un avec la nature. Vivre ici maintenant comme disait le tripatif Languirang.

D’où l’importance d’avoir suffisamment de vacances à notre travail. D’avoir le loisir de prendre une semaine par saison afin de décompresser et de revenir au travail galvanisé.

C’est mon cas. Et la relâche m’a permis d’avoir une idée de jasette guillerette au lieu de vous rebattre les oreilles avec le prix exorbitant du céleri.


Chaque semaine un membre de l'équipe de Trium Médias prend parole sur un sujet de son choix, c'est La Jasette de la gazette.

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