Économie

Temps de lecture : 1 min 55 s

IA au travail

Le Saguenay–Lac‑Saint‑Jean parmi les régions les moins exposées

Le 03 février 2026 — Modifié à 17 h 00 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Selon les plus récentes données de l’Institut de la statistique du Québec, la révolution de l’intelligence artificielle (IA) transforme déjà profondément le marché du travail dans la province.

En 2024, environ 59 % de la maind’œuvre québécoise, soit près de 2,7 millions de personnes, occupait un emploi hautement exposé à l’IA, un niveau comparable à celui observé ailleurs au Canada.

L’étude révèle d’ailleurs une différence marquée entre les genres : 71 % des femmes occupent un emploi plus susceptible d'être exposé à l’IA, contre 49 % des hommes. Cette disparité s’explique principalement par le fait que les hommes sont plus nombreux dans des métiers de production, généralement moins susceptibles d’être transformés par l’IA.

Les femmes sont également plus exposées à l'IA que les hommes à la fois dans les contextes où cette technologie peut être utilisée en complémentarité avec le travail (35 % contre 26 % chez les hommes) et dans ceux où elle peut être utilisée pour transformer ou remplacer certaines tâches (36 % contre 23 % chez les hommes).

Les diplômés universitaires en première ligne

L’étude met également en lumière une corrélation nette entre niveau de scolarité et exposition à l’IA. En 2024, 86 % des emplois occupés par des personnes diplômées de l’université (baccalauréat ou plus) se situaient dans des professions hautement exposées à l’IA.

À l’opposé, seulement environ un tiers des personnes ayant un diplôme d’études secondaires ou moins travaillent dans un environnement susceptible d’être transformé par ces technologies.

Cette tendance s’explique en partie par la nature de l’IA moderne, capable d’exécuter de plus en plus de tâches cognitives complexes. Les professions requérant une formation avancée sont donc plus susceptibles d’être touchées.

Télétravail et IA : un duo inévitable

L’étude confirme aussi une forte corrélation entre possibilité de télétravail et exposition à l’IA. Pratiquement toutes les professions compatibles avec le télétravail sont ainsi considérées comme hautement exposées.

Ces métiers sollicitent régulièrement des compétences universitaires et sont parmi les plus vulnérables aux avancées technologiques de l’IA. À l’inverse, dans les professions où le télétravail est impossible, environ 69 % des emplois sont faiblement exposés à l’IA.

Des écarts régionaux marqués

En 2024, les régions du Grand Montréal, de la CapitaleNationale et de l’Outaouais affichaient les niveaux d’exposition les plus élevés à l’IA. Environ deux tiers des emplois y sont hautement exposés. La concentration d’emplois dans les services publics, la finance, les assurances, l’immobilier et les services professionnels ou scientifiques explique cette plus grande vulnérabilité.

À l’inverse, des régions comme le Saguenay–LacSaintJean se démarquent par une proportion plus élevée de professions faiblement exposées (46 %). Dans la région, seulement 29 % des emplois sont hautement exposés avec une forte complémentarité à l’IA et 24 % avec une faible complémentarité.

Cette réalité s’explique notamment par la prédominance d’industries de production, historiquement moins touchées par les technologies utilisant l’IA.

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