Une démarche conjointe pour assurer l’avenir des forêts québécoises

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Par Jean Tremblay
Une démarche conjointe pour assurer l’avenir des forêts québécoises
Pour assurer la pérennité de la ressource forestière les deux organismes demande de rattraper le retard dans l’entretien des plantations. (Photo archives)

L’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec (AETSQ) et la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF) invitent la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette-Vézina, à effectuer immédiatement un rattrapage afin de redresser la situation et assurer l’avenir des forêts québécoises.

« Depuis 2014, soit depuis l’entrée en vigueur du nouveau régime forestier, les deux associations déplorent une constante décroissance de la quantité de travaux sylvicoles réalisée pour maintenir le rendement des forêts », peut-on lire dans un communiqué émis conjointement par les deux organismes.

« En effet, selon les données de Rexforêt, les travaux de préparation de terrain et de reboisement ont ainsi diminué, respectivement, de 16,4 % et de 7,6 % entre 2014 et 2021. En matière d’éducation de peuplement, une étape essentielle en vue de s’assurer de la bonne croissance des plants, la baisse se chiffre à 31 %. »

Assurer la pérennité des approvisionnements

« Si la situation perdure, la conséquence sera de réduire la productivité des forêts en qualité et en quantité de fibre et à terme, c’est la pérennité des approvisionnements des usines de transformation qui risque d’être compromise », déclare le président de la FQCF, Stéphane Gagnon.

Le forestier en chef a confirmé cette tendance lors du débat des crédits en mentionnant qu’environ 35 % des plantations sont considérées dans un état critique ou très inquiétant.

« Le gouvernement mentionne haut et fort qu’on devrait hausser la productivité des forêts de manière à augmenter les volumes de récolte et lutter contre les changements climatiques. Nous sommes malheureusement forcés de constater qu’on est loin du compte, on ne fait même pas les travaux pour maintenir le rendement des forêts. Cependant, il n’est toutefois pas trop tard pour agir, mais il importe de le faire maintenant si nous voulons être en mesure de rattraper le retard », affirme le président de l’AETSQ, Charles-Philippe Mimeault-Laflamme.

Quatre actions prioritaires

Pour redresser la situation et éviter d’éventuelles baisses de possibilité forestière, l’AETSQ et la FQCF jugent essentiel d’entreprendre quatre actions prioritaires.

Premièrement d’injecter un minimum de 20 M$ supplémentaires en éducation de peuplement dès la saison 2023. Une action qui permettrait de débuter le rattrapage du retard accumulé, notamment en dégagement de plantation.

La deuxième action demandée consiste à réaliser une analyse d’écart afin de bien mesurer la quantité de travaux non réalisés faute de budget.

En troisième lieu on demande, à partir des résultats de l’analyse d’écart, d’élaborer un plan de redressement sur trois ans qui serait mis en œuvre dès le 1er avril 2024 et d’en assurer le financement.

Finalement on demande que dès le 1er avril 2024, de réaliser la même quantité de travaux sylvicoles non commerciaux (préparation de terrain, reboisement et éducation de peuplement) qu’en 2014, et ce, en plus des travaux nécessaires précisés dans le plan de redressement.

Un rattrapage qui s’impose

Les deux associations estiment, pour donner suite aux commentaires du forestier en chef, qu’il serait responsable de mettre immédiatement les efforts pour rattraper le retard dans l’entretien des plantations afin d’assurer la pérennité de la ressource forestière.

Ainsi on maintiendrait, selon les deux organismes, une vitalité dans les communautés forestières, en plus de lutter efficacement contre les changements climatiques.

« La stratégie doit s’effectuer de la plantation de l’arbre jusqu’à sa transformation en usine afin de profiter à l’ensemble du milieu forestier », conclut le communiqué de presse.

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