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« Je n’aurais jamais cru un jour que ça arrive » - Nancy Larouche

Jean Tremblay
Le 14 mai 2022 — Modifié à 08 h 25 min
Par Jean Tremblay - Journaliste

Les dirigeants de l’Hôtel de la Boréalie à Saint-Félicien ainsi que du Motel Chute des Pères et de l’Hôtel de la Diligence à Dolbeau-Mistassini se voient dans l’obligation de fermer des chambres, tellement le manque de personnel est criant.

Avant même l’arrivée de la saison touristique, Nancy Larouche, la directrice générale de l’Hôtel de la Boréalie, avoue ne plus savoir quoi faire pour embaucher le personnel dont elle aurait besoin pour opérer l’hôtel qui compte 55 chambres.

« Nous avons acheté plusieurs publicités pour attirer des gens à travailler chez nous. Parfois on nous répond : je vais regarder mon horaire et je vous rappellerai lorsque je serai disponible pour vous rencontrer. Ça n’a pas de sens! On est presque à genoux devant eux », confie-t-elle.

De son côté, Audrey Rousseau, directrice générale du Motel Chute des Pères (70 chambres) et de la Diligence (50 chambres) à Dolbeau-Mistassini explique que le manque d’employés dans les grandes entreprises et dans les différents paliers de gouvernement ajoute de la pression à la pénurie de main-d’œuvre.

« On ne peut leur offrir les mêmes salaires. Il manque du monde partout. De plus, chez nous, les horaires de travail sont atypiques. Il y en a de moins en moins qui acceptent de travailler le soir et les weekends », explique-t-elle.

La situation ne fait qu’empirer. « Il me manque au moins cinq préposés aux chambres. C’est également compliqué pour les serveuses et les cuisiniers. Même chose pour les réceptionnistes et responsables de l’entretien des bâtiments. Je n’ai pas de CV. »

D’ailleurs, la salle à manger de l’Auberge la Diligence est fermée par manque de personnel.

Pire qu’en 2021

Une situation qui oblige tous les employés en poste, peu importe leurs fonctions de travail, de mettre la main à la pâte et d’accomplir d’autres tâches que celles pour lesquelles on les a embauchés.

« Nous avons toujours eu des problèmes pour trouver tous les employés désirés, mais là, c’est la première fois que je vois cela. Tous nos employés nous aident à refaire les chambres », explique Nancy Larouche.

La DG avoue même que la situation actuelle est pire que l’an dernier. « On préfère louer moins de chambres et de s’assurer que celles que l’on peut rendre disponibles soient bien faites. »

Difficile d’embaucher des immigrants

Audrey Rousseau aimerait bien embaucher des travailleurs étrangers, mais elle se bute à des règles administratives qui rendent presque impossible d’en engager dans le domaine de l’hôtellerie.

« Même si je fais une demande pour obtenir des employés étrangers, ça va m’être refusé parce que notre industrie ne cadre pas avec les règles en matière d’immigration », mentionne-t-elle.

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