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La Doré pourrait perdre son épicerie

Jean Tremblay
Le 10 novembre 2022 — Modifié à 05 h 38 min le 10 novembre 2022
Par Jean Tremblay - Journaliste

Le compte à rebours est enclenché. Les propriétaires du Marché Bonichoix La Doré, Daniel Hudon (65 ans) et son épouse Martine Dallaire (60 ans), sont à bout de souffle. Si le marché d’alimentation qu’ils possèdent depuis 18 ans ne trouve pas preneur, ils fermeront les portes de l’établissement le 31 mai 2023.

Un coup dur pointe à l’horizon pour la population et surtout pour les aînés de La Doré.

« Dans les résidences pour aînés, les repas du midi et du soir sont compris, mais pas le petit-déjeuner. Cette clientèle n’a pas de véhicule automobile. Presque chaque jour, j’effectue des livraisons dans les logements de ces résidences. Je me fais un devoir de m’en occuper. Si on ferme, ils vont faire comment pour s’approvisionner ? », se questionne Daniel Hudon.

Peu d’acheteurs

Peu d’acheteurs se sont manifestés depuis que l’entreprise a été mise en vente, il y a quatre ans.

« On a rencontré quelques personnes intéressées. Certains ne passent pas l’étape du financement. D’autres ne peuvent l’acheter pour d’autres raisons. »

Les propriétaires ont renouvelé leur entente avec Sobeys (propriétaire de la bannière Bonichoix) pour quelques mois supplémentaires dans l’espoir de trouver des acheteurs.

Mais le temps presse, car le couple est rendu à bout.

« Ça fait quatre ans qu’on n’a pas pris de vacances. Nous sommes fatigués », clame Martine Dallaire qui doit s’occupe,r en plus de ses tâches journalières, de défaire les commandes en raison d’un manque de personnel.

Entreprise rentable

L’entreprise pourra en prime bénéficier d’une nouvelle clientèle d’ici quelques semaines. Les 20 immigrants qui arriveront au début de décembre pour travailler chez Résolu vont demeurer près du commerce. Et une trentaine d’autres suivront au cours des deux prochaines années.

« Ces travailleurs n’auront pas de véhicule. Ils vont donc tous s’approvisionner chez nous. De plus, après quelques mois, leur famille respective peut venir les rejoindre. Ça va représenter un chiffre d’affaires supplémentaire intéressant pour le nouveau propriétaire », souligne Daniel Hudon.

Sans oublier que depuis plusieurs mois et pour une encore un certain temps le Marché Bonichoix La Doré bénéficie de la clientèle de travailleurs d’Hydro-Québec.

« Entre 16 h et 18 h, on peut facilement servir une centaine de personnes, dont plusieurs travaillent sur la nouvelle ligne de transmission d’Hydro-Québec.»

De bons employés

Le Marché Bonichoix La Doré doit composer aussi avec la problématique de pénurie de main-d’œuvre. Toutefois, la qualité des employés en place permet à l’entreprise d’opérer sept jours sur sept.

« Nous avons des employés d’expérience. En semaine, la plus jeune a 55 ans. Nous venons d’embaucher une femme de 64 ans pour le département des fruits et légumes », expliquent les deux propriétaires.

« Au cours des dernières années, on a connu à La Doré la fermeture de la quincaillerie, d’un garage pour réparations d’automobiles et de la Caisse Populaire. En 2023, ça pourrait être au tour du seul marché d’alimentation de fermer ses portes », conclut Daniel Hudon.

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