Économie

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Ferme Olofée - Leader de la transformation locale de l’avoine

Le 17 mai 2024 — Modifié à 16 h 12 min
Par Yohann Harvey Simard

La transformation locale des produits de la terre demeure marginale au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Encore aujourd’hui, ils ne sont qu’une poignée de producteurs agricoles à transformer eux-mêmes leurs récoltes ou à les faire transformer par une entreprise régionale tierce. La Ferme Olofée de Saint-Félicien fait partie de ce petit groupe, dont elle est d’ailleurs précurseur.

Fondée en 1974, la Ferme Olofée fait construire la première usine de transformation d’avoine pour l’alimentation humaine au Québec en 1998.

Aujourd’hui, la ferme familiale représente plus de 2700 âcres en culture d’avoine, de blé, de canola, de chanvre, d’orge, de lin, de pois et de soya. Plus de 17 000 tonnes métriques d’avoine y sont transformées en flocons, en gruau ou en amandes chaque année pour l’alimentation humaine et animale. Les amandes d’avoine entières sont le produit du nettoyage, du décorticage et de l’étuvage de l’avoine.

Pas si facile de transformer localement

Plusieurs facteurs expliquent que peu de producteurs agricoles aient emboîté le pas à la Ferme Olofée, dont la concurrence des grands pays producteurs qui peuvent transformer à moindres coûts.

« Déjà en 1998, ça a coûté cher de faire construire l’usine de transformation. Alors, avec les prix de 2024, ça devient presque impensable pour beaucoup de producteurs de se doter des installations nécessaires pour transformer », explique Virginie Lepage, directrice générale de l’entreprise.

C’est surtout au démarrage, poursuit-elle, que les plus gros enjeux se retrouvent.

« Souvent, tu es comme obligé de commencer petit. Mais en même temps, quand tu es petit, c’est plus dur de trouver une équipe pour te soutenir. Alors là, tu essaies de trouver des gros clients pour pourvoir grossir ton volume, mais tu ne produis pas assez pour les gros clients, et ainsi de suite. Particulièrement dans la transformation des grains, les clients recherchent des gros volumes. »

En somme, les producteurs qui débutent dans la transformation ont souvent de la difficulté à atteindre un taux de rentabilité intéressant. De plus, ils doivent rivaliser avec les grandes exploitations agricoles, pour lesquelles il est plus facile d’offrir des volumes de vente élevés à des prix compétitifs.

Production biologique

La Ferme Olofée a également été à l’avant-garde de l’agriculture biologique, qu’elle pratique maintenant depuis une vingtaine d’années.

Après avoir connu une période de croissance, la production biologique a toutefois commencé à y faire du sur-place, ce que Virginie Lepage attribue notamment à la demande qui s’est stabilisée elle aussi.

« Depuis quelques années, il n’y a plus une très grande progression parce qu’en ce moment, j’ai l’impression qu’il n’y a pas vraiment de potentiel plus grand que ce qu’il y avait déjà. Il y a encore beaucoup de gens qui ne sont pas prêts à payer plus cher pour manger bio, d’autant plus avec l’inflation qu’on connaît depuis quelques années. »

Autrement dit, selon la productrice, les personnes qui étaient susceptibles de se convertir au bio le seraient déjà en grande partie.

À l’inverse, le volume de production conventionnel, lui, a bondi de 30 % entre 2022 et 2023 seulement. Preuve que c’est spécifiquement la demande pour le bio qui stagne, et non celle pour les céréales en général.

La production biologique de la Ferme Olofée n’est cependant pas remise en question puisqu’elle demeure profitable malgré tout.

Le Cahier EntrePreneurs est une initiative de Trium Médias, en collaboration avec le journal Les Affaires. Dans les éditions trimestrielles se trouvent des articles touchant directement les enjeux et défis du monde des affaires.

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