« Les élèves sont des guerriers des temps modernes » – Sylvie Vaillancourt, enseignante

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Par Yohann Harvey Simard - journaliste de l'initiative de journalisme local
« Les élèves sont des guerriers des temps modernes » – Sylvie Vaillancourt, enseignante
Enseignante au secondaire depuis 25 ans, Sylvie Vaillancourt affirme que les jeunes ont dû faire preuve d’un courage exceptionnel depuis le début de la pandémie. (Photo : courtoisie)

Entre les cours en ligne et la perte de leurs relations sociales, les jeunes ont été mis à rude épreuve depuis le début de la pandémie. Dans le cadre de la 15e édition des Journées de la persévérance scolaire, Trium Médias a recueilli les témoignages de plusieurs intervenants du milieu scolaire afin de partager leur réalité ainsi que celle de leurs élèves.

« Les élèves sont très résilients, ce sont des guerriers des temps modernes. Ils ont presque tous des emplois étudiants et ils continuent de venir à l’école, de faire des efforts. Mais la pandémie a été très dure pour eux » souligne d’emblée Sylvie Vaillancourt, enseignante à l’école secondaire la Cité étudiante de Roberval.

En effet, bien que ses élèves aient fait preuve d’un grand courage, elle dit malgré tout avoir constaté qu’une « lueur s’était éteinte dans leurs yeux ».

« C’est venu me chercher, je n’aimais pas ça les voir comme ça. En tant qu’enseignant, notre rôle est devenu très important. Je pense qu’on était comme un rempart autour d’eux », confie-t-elle.

Elle soutient que la diminution drastique de leurs contacts sociaux a considérablement affecté le moral, voire la santé mentale de ses élèves.

« Je pense que la pandémie c’est pire quand on est jeune qu’à mon âge, parce que quand on vieillit, on a moins besoin de relations sociales. Tandis que quand on adolescent, on a besoin de voir nos amis, nos amoureux, nos amoureuses. Alors, moi, je leur lève mon chapeau. »

Selon Sylvie Robitaille, la reprise des cours en classe était d’ailleurs urgente, affirmant que « de leurs propres aveux, des jeunes m’ont dit que l’école en ligne aurait peut-être mené à leur décrochage. »

École le Tournant

Mathieu Savard est directeur adjoint de la polyvalente Le Tournant à Dolbeau-Mistassini, une école destinée aux jeunes présentant un haut risque de décrochage. C’est donc de près qu’il a pu observer les effets de la pandémie sur la persévérance scolaire de ses élèves.

« Ça a été vraiment très dur, particulièrement pour ceux qui avaient une moyenne de 65%, c’est-à-dire qui étaient sur la limite de passation. Donc c’est sûr que dans les cohortes des prochaines années, on va voir les impacts de la pandémie. »

Selon lui, la pandémie a fait ressortir la nécessité d’adopter de nouvelles approches pédagogiques, de repenser le système scolaire.

« Aujourd’hui, les jeunes ont besoin d’être considérés, de se sentir uniques. Ce ne sont pas des numéros. Je crois que le parcours personnalisé va être une avenue de plus en plus considérée à l’avenir. »

L’école Le Tournant offre notamment une modalité travail-étude, ce qui selon Mathieu Savard, permet de garder plusieurs élèves sur les bancs d’école.

« C’est très intéressant pour eux parce qu’ils peuvent continuer d’avancer au niveau académique, mais aussi dans leur diplôme d’études professionnelles. Et c’est prouvé qu’apprendre dans l’action amène de meilleurs résultats. »

L’école à distance a été particulièrement pénible pour les jeunes qui avaient déjà de la difficulté à obtenir la note de passage, soutient le directeur adjoint de l’école secondaire Le Tournant à Dolbeau-Mistassini, Mathieu Savard.

 

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