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Élections québécoises

Les Métallos réclament une « politique industrielle cohérente »

Le 24 août 2026 à 09 h 00
Par Émile Boudreau - Journaliste

À l'approche de la campagne électorale qui mènera au scrutin du 5 octobre prochain, le Syndicat des Métallos lance un appel pressant au gouvernement du Québec et à l'ensemble des partis politiques afin qu'ils placent la protection de l'emploi et le développement industriel au cœur de leurs engagements.

Représentant plus de 60 000 travailleuses et travailleurs issus de divers secteurs économiques, le syndicat estime que les défis posés par la guerre tarifaire avec les États-Unis et le ralentissement économique qui en suivra exigent une réponse coordonnée de Québec et d'Ottawa. Il réclame donc des mesures concrètes pour préserver les emplois menacés, ainsi que l'adoption d'une politique industrielle cohérente.

Les Métallos affirment d’ailleurs qu'ils surveilleront de près les mesures de soutien d'urgence qui doivent être annoncées prochainement par les deux paliers de gouvernement. Selon eux, ces interventions devront avant tout bénéficier aux travailleurs touchés par la situation économique. Le Syndicat en appelle aussi à une politique industrielle « plus vigoureuse » de la part des gouvernements.

« Ces dernières années, le gouvernement du Québec s'est acharné à casser du sucre sur le dos des travailleurs et de leurs syndicats. On a plutôt besoin d'une collaboration pour que le Québec se dote d'une politique industrielle. Il en va de la résilience de notre économie. […] les partis doivent s'engager pour assurer l'avenir des bons emplois au Québec et travailler de concert en ce sens avec les organisations syndicales représentant les travailleurs », souligne le directeur québécois des Métallos, Nicolas Lapierre.

Parmi les mesures qui devraient constituer la politique industrielle du Québec, les Métallos souhaitent que le gouvernement mise davantage sur la transformation et l'utilisation locale de ses ressources naturelles, notamment le bois, l'aluminium, l'acier et les minerais stratégiques. Le syndicat estime que l'État doit également favoriser l'achat de produits fabriqués au Québec.

« Ça commence par s'assurer qu'on utilise notre bois, notre acier et notre aluminium et tout ce qui est produit ici, dans les contrats publics et les projets financés par les différents paliers de gouvernement. On ne veut plus voir des ponts construits avec de l'acier étranger. », renchérit Nicolas Lapierre.

L'organisation syndicale demande également aux gouvernements de renforcer la surveillance des importations afin de contrer le « dumping » de produits provenant de pays accusés de pratiques commerciales déloyales. Selon M. Lapierre, certains fabricants québécois peinent à concurrencer des produits étrangers vendus à bas prix sur le marché local.

« Ce n’est pas normal qu'il soit pratiquement impossible d'acheter dans nos quincailleries des boulons fabriqués ici, alors que nos membres à Marieville en fabriquent et qu'en plus ils sont de qualité. Il faut surveiller nos frontières pour empêcher d'être inondés par les produits qui ont plus de difficulté à entrer aux États-Unis. », poursuit-il.

Enfin, le syndicat propose que l'ensemble des leviers économiques de l'État, qu'il s'agisse des subventions, des crédits d'impôt, des dépenses en infrastructures ou des contrats d'électricité avantageux, soient liés à des exigences de maintien et de création d'emplois au Québec.

« L'économie, en bout de ligne, ce sont des hommes et des femmes qui travaillent ici, font vivre leur famille, consomment ici. C'est pour eux et elles qu'il faut réfléchir à une politique industrielle pour maximiser les retombées économiques ici », conclut le directeur québécois des Métallos.

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