Depuis 2012, Patrice Simard, résident de Saint-Félicien, sillonne chaque hiver l’anneau glacé du Village Boréal. Saison après saison, il cumule les tours avec une constance méthodique. Pour l’hiver 2026 seulement, il a chaussé les patins à 55 occasions réparties sur 36 jours. Entre le 6 janvier et le 1er mars, son compteur affiche 1 300 tours, correspondant à 1 521 kilomètres.
En quinze années d’activité, la distance totale atteint 13 814 kilomètres, soit presque l’équivalent d’un aller-retour en automobile entre Saint-Félicien et le Costa Rica, en Amérique Centrale. Une performance dû à une planification précise et une régularité soutenue.
Quelles que soient les conditions, il affronte froid, vent et précipitations. La solitude rythme ses séances quotidiennes. L’hiver 2026 a néanmoins imposé une contrainte supplémentaire : une blessure persistante à un pied.
« Au début de la saison, j’ai acheté une paire de patins neuve. À l’endroit du laçage, une ecchymose s’est formée et n’a jamais disparu. J’ai donc rangé ces patins et repris l’ancienne paire », précise-t-il.
Meilleure année en 2024
À l’approche de ses 52 ans, il reconnaît l’effet du temps sur la récupération et l’endurance. « Il y a un an et demi, j’ai cessé de fumer, ce qui a amélioré ma performance. Le défi demeure toutefois plus exigeant. Si j’avais commencé à l’âge actuel, maintenir ce niveau aurait posé problème », indique-t-il.
L’année 2024 demeure sa référence : 2 600 kilomètres parcourus, correspondant à 2 600 tours d’un kilomètre. La saison 2026 occupe le quatrième rang de ses archives personnelles. Il consigne chaque sortie, chaque distance et chaque moyenne dans un registre détaillé, puis diffuse ces données sur sa page Facebook.
Passionné de statistiques, il répond sans délai aux questions techniques. Sa vitesse moyenne? 17,18 kilomètres à l’heure.
Un sport peu coutumier
Les visiteurs matinaux du Village Boréal l’aperçoivent régulièrement vers 9 h 30. Il vise alors un objectif précis : compléter 30 kilomètres en 1 h 30 à 1 h 40, sans pause ni ravitaillement. Cette séquence constitue, selon ses termes, sa « médaille d’or » quotidienne.
Il écarte toutefois l’idée d’un retour en après-midi. « Ma vitesse pourrait entraîner des collisions; je préfère éviter tout risque pour les autres usagers. »
À l’occasion, une séance en soirée s’ajoute à l’horaire. Munie d’une lampe frontale pour éclairer les courbes plus sombres, il cherche alors à cumuler environ 15 kilomètres en 1 h 15, portant le total journalier à 45 kilomètres.
Son record personnel remonte au 4 février 2024, avec 88 kilomètres franchis en une seule journée.