Économie

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Aucun projet d’expansion dans la région

Même avec des « prix ridicules », Canac ne s’établira pas à Saint-Félicien

Jean Tremblay
Le 12 mars 2026 — Modifié à 16 h 07 min le 13 mars 2026
Par Jean Tremblay - Journaliste

La direction de Canac confirme la tenue de discussions au cours des derniers mois avec l’ancien maire de Saint-Félicien, Luc Gibbons, ainsi qu’avec l’actuel maire, Jean-Philippe Boutin, concernant une offre d’implantation sur le terrain situé derrière le poste auxiliaire de la Sûreté du Québec. Sans hésitation, le porte-parole de l’entreprise explique que ça ne fait pas partie des plans de l’entreprise.

« Nos équipes de développement ont échangé avec les deux administrations, comme nous le faisons avec de nombreuses municipalités qui souhaitent accueillir une succursale », indique Patrick Delisle, directeur principal marketing chez Canac.

Malgré l’intérêt manifesté localement, l’entreprise ne prévoit aucun projet d’expansion à court terme dans le secteur de Saint-Félicien ni dans l’ensemble du Lac-Saint-Jean. « Nous voulons desservir le plus grand nombre de régions possible avec nos « prix ridicules », thème central de notre bannière, et avec un service à la clientèle reconnu. Toutefois, aucun projet ne figure à l’horizon pour ce territoire », précise-t-il.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs citoyens ont exprimé le souhait de voir la chaîne s’installer dans la municipalité. Selon Patrick Delisle, ce phénomène accompagne systématiquement l’annonce d’une nouvelle succursale. « Chaque ouverture alimente les rumeurs ailleurs au Québec. Nous le constatons régulièrement. Cette réaction démontre l’intérêt des consommateurs envers notre positionnement comme principal quincaillier indépendant de la province, face à des détaillants d’envergure tels que Rona ou Home Dépôt. »

Démarches municipales

Le maire Jean-Philippe Boutin confirme la tenue d’échanges avec la bannière québécoise. Son prédécesseur, Luc Gibbons, avait également entrepris des démarches actives, incluant un déplacement au siège social de l’entreprise afin de présenter les atouts stratégiques de la ville et son potentiel commercial.

Ces représentations s’inscrivent dans une volonté municipale d’attirer de nouveaux joueurs économiques capables de dynamiser l’offre commerciale locale. Toutefois, la décision finale repose sur des paramètres internes propres à l’entreprise.

Un modèle d’affaires contraignant

Patrick Delisle rappelle que la stratégie d’implantation de Canac repose sur des critères stricts liés au volume de ventes et à la rentabilité. Le concept de magasin moderne développé par la chaîne exige des investissements majeurs en construction, logistique et approvisionnement.

« Nous devons maintenir un seuil de ventes élevé pour soutenir notre structure de coûts et préserver nos marges bénéficiaires réduites. Ce modèle nous permet d’afficher des prix concurrentiels, mais il nécessite un bassin de clientèle important », explique-t-il.

Même en considérant un rayonnement régional susceptible d’attirer une clientèle provenant de Chibougamau, Roberval, Dolbeau-Mistassini et d’autres municipalités environnantes, l’achalandage anticipé ne répondrait pas aux exigences financières établies par l’entreprise.

Pour les prochaines années, Canac concentre donc ses efforts sur des marchés jugés plus porteurs, notamment dans la grande région de Montréal et dans l’ouest du Québec.

Un intérêt partagé ailleurs

Saint-Félicien ne constitue pas un cas isolé. D’autres villes de taille comparable ont manifesté un intérêt similaire. Des municipalités comme Port-Cartier, Baie-Comeau, Gatineau ainsi que des localités de l’Abitibi-Témiscamingue ont entrepris des démarches. Toutes ont reçu une réponse semblable.

« Nous ne confirmons jamais plus d’un ou deux projets à l’avance. Même lorsque cinq ou six terrains figurent dans notre portefeuille, l’ordre de réalisation demeure indéterminé », précise le directeur marketing.

Parmi les implantations annoncées figurent Magog, dont l’ouverture surviendra dans les prochains mois, ainsi qu’Anjou, l’an prochain. Un troisième projet progresse, sans annonce officielle pour l’instant.

En revanche, aucun terrain n’a fait l’objet d’une acquisition à Saint-Félicien et aucun développement n’apparaît dans la planification actuelle. L’entreprise réitère son ambition de desservir l’ensemble du territoire québécois à long terme, tout en rappelant que ses choix d’expansion répondent d’abord à des impératifs économiques précis.

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