Libre-échange et accaparement des terres inquiètent l'UPA

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Par sergetremblay
Libre-échange et accaparement des terres inquiètent l'UPA

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Les inquiétudes sont vives à plusieurs égards dans le monde agricole, notamment au niveau de l’accaparement des terres agricoles et de la nouvelle entente de libre-échange conclue entre le Canada et l’Europe. Ce sont là des éléments qui sont ressortis du congrès régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, tenu mardi à Saint-Félicien.

Si l’acquisition massive de terres agricoles semble s’être arrêtée dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le phénomène s’est poursuivi dans d’autres régions du Québec. « L’achat massif de terre par la Banque Nationale au départ et par le groupe PANGEA aujourd’hui nous préoccupe beaucoup. On est en attente d’une position du gouvernement là-dessus », a indiqué Yvon Simard, président régional de l’UPA.

Plus particulièrement, le monde agricole s’inquiète des grands fonds et intérêts financiers qui font l’acquisition de terres agricoles sans les remettre en production, car elles représentent un meilleur placement en termes de rentabilité que ce qui est offert dans les institutions financières.

Le premier vice-président à l’UPA, Pierre Lemieux, prévient que si les acheteurs de terres devaient délaisser les productions animales au profit des productions céréalières, on assistera à un phénomène où la main-d’œuvre sera essentiellement passagère lors des semences et des récoltes. « Pour des régions comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean, c’est drôlement inquiétant. C’est un danger pour le monde rural et la vie durable des petites paroisses », a-t-il souligné.

Ce dernier déplore par ailleurs que les conditions d’accession à la terre sont de plus en plus difficiles pour la relève, de sorte qu’une proportion grandissante de producteurs sont locataires et non pas propriétaires de leur sol.

Quant à l’accord de libre-échange conclu tout récemment avec l’Europe, l’UPA estime que la pérennité des producteurs laitiers, et plus particulièrement du secteur des fromages fins, pourrait être en jeu. Pierre Lemieux devait d’ailleurs affirmer que si l’accord peut paraître intéressant à première vue pour les producteurs de porc et de bovin, les producteurs de fromages devront pour leur part faire face à une industrie européenne subventionnée. « Pour les petits fromagers artisans, je suis vraiment inquiet », a-t-il déclaré.

Outre ces deux questions, l’UPA du Saguenay-Lac-Saint-Jean s’est dite préoccupée par plusieurs enjeux touchant le développement du monde agricole. Une dizaine de résolutions ont d’ailleurs été adoptées en congrès, que ce soit à propos des impacts de la réforme de l’assurance-emploi, de la compensation pour le gel hivernal ou encore du maintien de la Ferme de recherche de Normandin.—S.T.

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