Malgré un audit indépendant : L’industrie du bleuet toujours dans un climat de suspicion

Serge Tremblay
Malgré un audit indépendant : L’industrie du bleuet toujours dans un climat de suspicion
(Photo : Trium Médias - Serge Tremblay)

Malgré un audit indépendant qui confirme que Bleuets Mistassini a respecté les dispositions contractuelles du mécanisme de fixation des prix du bleuet pour les années 2017 et 2018, les tensions entre transformateurs et producteurs ne semblent pas prêtes de s’estomper dans l’industrie régionale du bleuet.

Cette vérification avait été exigée par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec à la suite d’un grief déposé par le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec concernant la détermination du prix final pour les années de récolte 2017 et 2018.

La firme Mazars, qui avait été sélectionnée conjointement par le Syndicat et Bleuets Mistassini pour effectuer cet audit, a rendu son rapport le 9 juillet dernier. Elle y conclut que Bleuets Mistassini s’est conformé, dans tous les aspects importants, aux dispositions de l’entente (la convention de mise en marché).

« La Régie avait donné une liste de documents à fournir. Nous avons remis tous ces documents et même un peu plus, car nous voulions nettoyer le climat de suspicion qui perdure dans l’industrie du bleuet. Je pense que cela devrait contribuer à restaurer un climat plus sain dans l’industrie », a indiqué Mario Bussières, directeur général de Bleuets Mistassini.

Syndicat

Le président du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec, Daniel Gobeil, voit les choses d’un autre œil. Il estime que les dés étaient pipés.

« La décision de la Régie encadrait tellement cette vérification que le résultat est bidon. Ça faisait un an et demi que les transformateurs avaient l’information de ce qui était demandé. Si l’impôt débarque chez vous pour te contrôler, il ne t’informe pas un an et demi à l’avance! »

Daniel Gobeil affirme que la preuve a été faite que la convention de mise en marché n’offre que trop peu de protection aux producteurs. Une renégociation s’imposera, croit-il.

« Il fallait aller jusqu’au bout du processus pour voir ce que cette convention avait dans le ventre et la réponse, c’est que c’est un gros zéro. On n’a pas la possibilité de faire une véritable vérification. On nous donne un droit consensuel, ça ne vaut rien. Essentiellement, ce que la Régie nous dit, c’est que les producteurs de bleuets auraient renoncé à la concurrence dans l’industrie du bleuet en échange de rien du tout! »

Renégociation?

L’actuelle convention est déjà échue, mais continue de s’appliquer jusqu’à ce qu’elle soit renouvelée ou renégociée. Daniel Gobeil souligne que dans l’immédiat, le Syndicat doit d’abord tenir deux assemblées générales à l’automne, mais que 2022 pourrait bien marquer le début des négociations.

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *