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Le Saguenay-Lac-Saint-Jean, paradis de la micro!

Jean-François Desbiens
Le 05 avril 2023 — Modifié à 08 h 42 min le 05 avril 2023
Par Jean-François Desbiens - Journaliste

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean, paradis de la micro!

Les amateurs de bières artisanales ont l’embarras du choix dans la région. Avec pas moins de 18 microbrasseries en opération, le Saguenay-Lac-Saint-Jean est aujourd’hui l’une des deux régions au Québec avec la Gaspésie où il y en a le plus par habitant.

C’est ce qu’affirme la directrice générale de l’Association des microbrasseries, Marie-Ève Myrand, qui reconnaît que c’est beaucoup pour une population relativement restreinte. Elle souligne du même souffle que les gens d’ici ne sont pas les seules à boire la production locale.

Après La Voie Maltée, qui a été la première à ouvrir ses portes sur la rue St-Dominique à Jonquière en 2002, plusieurs autres brasseurs ont obtenu leur permis. C’est le cas du Cégep de Jonquière, qui dispose d’une brasserie artisanale pour former des étudiants à travailler dans l’industrie.

La BR77 a quant à elle disparu, mais a ensuite été rachetée par des entrepreneurs locaux pour devenir la brasserie Vida Vida à Arvida. Et il y a un mois à peine, une nouvelle microbrasserie, Anormalt, ouvrait ses portes au centre-ville de Chicoutimi.

Du côté du Lac-Saint-Jean, la Microbrasserie du Lac a célébré ses 15 ans l’an dernier. Et depuis 16 ans, la microbrasserie félicinoise La Chouape connaît aussi du succès. Des réussites parmi d’autres que la directrice générale de l’Association des microbrasseurs attribue à plusieurs facteurs.

« Il y a des microbrasseries extraordinaires chez vous. Il y en a qui gagnent des prix et qui sont reconnus par leurs pairs. Je pense que leur nombre s’explique d’abord par l’appartenance régionale. J’ai vécu longtemps au Saguenay et je sais que la fierté régionale est très présente. Les gens sont derrière leurs microbrasseries et l’achat local. Ils comprennent qu’en encourageant les microbrasseries, ce sont des emplois dans la région qu’on supporte. C’était intégré bien avant la COVID. »

Produit d’appel touristique

Marie-Ève Myrand ajoute que ce secteur d’activités est aussi devenu un produit d’appel touristique, notamment avec la route des bières.

« C’est super intéressant pour les touristes de pouvoir découvrir le côté gourmand de la région sous l’angle des microbrasseries. Il y a des gens de l’extérieur qui en profitent et ça entraîne une activité économique. »

Si les microbrasseries ont le vent dans les voiles, c’est également parce que plusieurs d'entre elles distribuent leurs produits, leurs créations, grâce à un réseau de commerces de détails, d’épiceries et de dépanneurs un peu partout dans la province.

« Ça leur permet de tirer leur épingle du jeu parce qu’un brasseur, ça travaille très fort. La compétition est de plus en plus forte sur les tablettes. Il y a de plus en plus de joueurs dans l’industrie et il y a le contexte économique. Ces entrepreneurs vivent la même chose que les autres. L’augmentation des coûts du grain, du houblon ou des canettes d’aluminium par exemple. Les problèmes de main-d'œuvre. Ce n’est pas facile, mais ces brasseurs sont des passionnés, fiers de leurs produits. »

La croissance des microbrasseries n’est pas terminée à son avis.

« Nous documentons les demandes pour des permis qui sont soumises et il y en a plus de 70 en ce moment. C’est pour tout le Québec bien sûr, mais il y en a aussi sûrement au Saguenay-Lac-Saint-Jean. La compétition risque encore d’augmenter. L’augmentation du nombre de microbrasseries qu’on observe est moins rapide qu’elle a déjà été, mais il y a toujours une croissance. Le marché change et il y a de plus en plus de joueurs. D’autres produits arriveront sur le marché. »

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