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Un noeud moral insoluble

Le 16 janvier 2025 à 07 h 00
Par Stéphanie Gagnon

Ouf le début d’année, man! L’actualité fournit une foule de sujets potentiels sur lesquels m’épancher, mais je vais plutôt aborder un sujet qui me reste coincé dans la gorge depuis avant les fêtes. Longue digestion encore inachevée.

Le président (pour encore quelques minutes seulement, misère…) Joe Biden a gracié en décembre dernier 39 détenus qui étaient condamnés à mort. Cela a remis momentanément sur la place publique l’éternel débat sur la peine capitale.

Je rumine l’enjeu depuis ce temps, toujours en va-et-vient entre deux positions complètement irréconciliables dans ma tête. Pour ou contre?

Retirer la vie à quelqu’un, c’est porter une responsabilité énorme, et ça me donne froid dans le dos qu'une partie de moi puisse même l'envisager une seconde... Mais d'un autre côté, certaines offenses sont si terribles qu’elles semblent réclamer la sanction ultime.

Mon débat philosophique interne part dans tous les sens chaque fois que cette question est abordée. Qu'est-ce qui fait de nous des humains?

Est-ce notre capacité à raisonner, à ressentir de l’empathie, à respecter la vie? Et ce respect, doit-il s'étendre à la vie de nos semblables les plus abjects? Admettons qu'un être humain commet un acte d’une barbarie sans nom... Ne devient-il pas une incarnation de ses actes? 

J'essaie d'être plus évoluée que ça, mais rien qu'à imaginer qu'on touche à ne serait-ce qu'un cheveu de l'un de mes enfants... Vous viendrez me porter des oranges en prison. 

Vengeance? Réparation? Prévention? Justice? J'imagine que c'est un pot-pourri de tous ces concepts à la fois qui animent les victimes et leur entourage.

Ça me mène à penser aux limites de la réhabilitation. Est-ce qu'un esprit capable de commettre l’irréparable, ça se répare? Ça se peut-tu, reformater des êtres brisés par la haine et la violence? Certains crimes semblent annihiler toute possibilité de rédemption, mais qui décide où s’arrête cette possibilité? 

Au-delà de ces considérations, il y a la société dans son ensemble. Si nous acceptons la peine de mort, que disons-nous sur nos propres valeurs? Ne devenons-nous pas des monstres à notre tour si on reflète la violence dénoncée? Et, si on la rejette, devient-on permissif envers l’horreur?

Je n’ai pas de réponse définitive, et peut-être que j'en aurai jamais. Chaque argument soulève une contre-argumentation toute aussi valide. 

Oh la zone grise, aussi troublante que La Ligne verte. À revoir. Et à réfléchir, encore.

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