Économie

Temps de lecture : 1 min 45 s

Réforme du régime forestier

« Une atteinte frontale aux droits et titres ancestraux »

Le 01 mai 2025 — Modifié à 09 h 09 min
Par Jean Tremblay - Journaliste

Les Premières Nations d’Essipit et de Mashteuiatsh sont consternées par l’absence de consultation avant le dépôt du projet de loi no 97 visant à moderniser le régime forestier par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts.

« Nous déplorons, une fois de plus, l’absence de toute consultation autochtone adéquate et préalable au dépôt du projet de loi. Le gouvernement s’est servi des Tables de réflexion sur l’avenir de la forêt comme prétexte pour ensuite imposer sournoisement une réforme majeure du régime forestier. Un geste de mauvaise foi et déshonorable de la part du Québec qui n’a pas daigné consulter ni fournir de la rétroaction aux Premières Nations concernées à la suite du dépôt d’éléments de réflexion », peut-on lire dans un communiqué de presse commun émis par les deux communautés.

Les Conseils prennent un recul


« Les Conseils d’Essipit et de Mashteuiatsh annoncent prendre du recul pour procéder à l’analyse du projet de loi puisque les premiers indicateurs ramènent le Québec des décennies en arrière dans la gestion du territoire forestier. »

Les signataires du communiqué rappellent que les Conseils ont réitéré à diverses occasions leurs attentes afin de participer à une consultation à laquelle ils avaient droit, avant le dépôt du projet de loi, dans le respect des obligations constitutionnelles et prenant en compte les droits et les intérêts des Premières Nations.

Même son de cloche

« Le gouvernement du Québec a tenté de masquer l’absence de volonté politique de nous consulter, alors que son propre guide de consultation des communautés autochtones s’applique aux activités de planification, à l’élaboration de lois et de règlements. Dans sa décision concernant le dossier d’Atiku en juin 2024, la Cour supérieure a d’ailleurs ordonné au Québec de nous consulter avant la présentation d’un projet devant le Conseil des ministres, afin d’éviter que les cartes soient jouées avant que la partie débute », soutient le vice-chef de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, Jonathan Gill-Verreault.

Même son de cloche de Martin Dufour, le chef de la Première Nation des Innus Essipit : « Consulter nos Premières Nations dans le cadre de l’élaboration de lois n’est pas une entorse au processus parlementaire. La ministre avait le pouvoir de le faire, mais elle a délibérément choisi de s’y soustraire. La Première Nation des Innus Essipit croit à l’équilibre entre développement et protection respectueux des réalités régionales et des droits ancestraux. La protection du Nitassinan et le développement économique ne sont pas incompatibles. Nous craignons que le projet de loi no 97 sacrifie cet équilibre au profit de la rentabilité. »
 

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié le 12 juin 2026

Un soulagement partiel pour l’industrie forestière régionale

L’adoption du projet de loi n°11, jeudi matin à l’Assemblée nationale, suscite des réactions nuancées dans le milieu forestier et économique de la région. Bien que plusieurs saluent des mesures jugées urgentes, des voix s’élèvent pour rappeler que des enjeux persistent. Ce texte législatif vise notamment à alléger le fardeau financier des ...

Publié le 12 juin 2026

Les Québécois invités à soutenir l’achat local ce 12 juin

La Journée « Le 12 juin, j’achète un produit québécois » est de retour pour une deuxième édition, sous l’impulsion des Produits du Québec et d’Aliments du Québec. Cette initiative vise à sensibiliser la population à l’importance de privilégier les produits d’ici et à encourager un mouvement collectif en faveur de l’économie locale. À l’occasion ...

Publié le 11 juin 2026

Les véhicules à essence pourront encore être achetés à compter de 2035

Le gouvernement du Québec a annoncé une révision importante de sa norme sur les véhicules zéro émission (VZE) afin d’accorder un certain répit aux constructeurs automobiles. Actuellement, la norme VZE incite les constructeurs automobiles à accumuler des « crédits » en fonction du nombre de véhicules électriques et hybrides vendus. Ce mécanisme a ...

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES