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Jeux paralympiques de Milan

L’Almatois Vincent Boily vise la plus haute marche du podium

Le 26 février 2026 — Modifié à 08 h 04 min
Par Jean-François Desbiens - Journaliste

À la veille de représenter le Canada avec l’équipe nationale de hockey-luge aux Jeux paralympiques de Milan, l’Almatois Vincent Boily affiche une détermination sans faille. Pour lui et ses coéquipiers, la cible est claire.

« Pour nous, il n’y a qu’un seul objectif : la médaille d’or », lance-t-il avec assurance. Joint à Toronto alors qu’il complétait son dernier camp d’entraînement avant son départ vers l’Italie, l’attaquant de 25 ans débordait d’énergie.

« Plus les jours vont avancer, plus le stress va embarquer un peu. Mais pour l’instant, je me sens prêt. Je me sens en forme et j’ai vraiment hâte que ça commence. »

Le camp préparatoire a été exigeant, reconnaît-il, mais nécessaire pour peaufiner les derniers détails avant la compétition.

« On a eu un long camp avec énormément d’heures sur la glace. C’est le dernier effort à fournir avant de sauter sur la patinoire en Italie. Ça fait quatre ans qu’on se prépare pour ce moment. Le plus difficile, au fond, c’est d’attendre! »

Étoile montante du parahockey

Depuis son arrivée au sein de l’équipe nationale en 2022, Vincent Boily s’est imposé comme l’une des étoiles montantes du parahockey canadien. Il a participé à trois Championnats du monde, contribuant à la médaille d’argent en 2023 et en 2025, ainsi qu’à la conquête de l’or en 2024.

La stabilité du noyau de joueurs constitue d’ailleurs une grande force de l’équipe.

« On a un excellent esprit d’équipe. Certains gars sont là depuis dix ans et il y a très peu de changements dans le groupe. On se connaît par cœur. On a partagé tellement de camps et de voyages ensemble… Ça crée une chimie naturelle. »

Selon le Comité paralympique canadien, le joueur originaire d’Alma est un attaquant redoutable dont la rapidité peut changer l’allure d’un match en un instant.

Le Canada tentera de décrocher une première médaille d’or paralympique depuis les Jeux de Turin en 2006. Leur principal rival : les États-Unis. Un adversaire coriace, admet Boily, mais loin d’être imbattable.

« On les a battus aux Championnats du monde en 2024, puis ils ont pris leur revanche l’an dernier. On a une excellente ligne offensive et on est capables de produire au bon moment. »

Un autre rêve avec la même intensité

Avant le grave accident qui a mis fin à sa carrière de hockeyeur, Vincent Boily rêvait de soulever la Coupe Stanley. Aujourd’hui, son rêve a changé, mais l’intensité est la même : il veut porter la médaille d’or autour du cou.

Au-delà du résultat, il souhaite surtout inspirer les jeunes joueurs de parahockey et les personnes vivant avec un handicap.

« Après tout ce qui m’est arrivé, ce serait une belle façon d’atteindre des objectifs que je me suis fixés depuis longtemps. Ce sont des années de sacrifices. C’est mon travail à temps plein. Si on gagne, ce sera aussi un message fort : même après un accident, on peut accomplir de grandes choses avec du travail et de la détermination. »

Un grave accident et une deuxième vie

Une épreuve majeure a bouleversé le destin de Vincent Boily alors qu’il n’avait que 17 ans et gravissait les échelons vers le hockey professionnel. Pourtant, comme il le dit lui-même : « Le sport m’a donné une deuxième vie. »

Le jeune athlète natif d’Alma évoluait dans la ligue midget AAA avec les Vikings de Saint-Eustache et devait rejoindre l’Océanic de Rimouski lorsque tout a basculé. En décembre 2017, alors qu’il rendait visite à des membres de sa famille à Jonquière, un grave accident de motoneige est venu fracasser son rêve.

Le bilan est lourd : un bras cassé, les deux jambes fracturées, des chevilles sévèrement blessées et une commotion cérébrale. Une vertèbre a éclaté sous l’impact, comprimant sa moelle épinière. Il devient partiellement paralysé. Les médecins sont prudents : il pourrait ne plus jamais marcher.

S’ensuivent les chirurgies et de longs mois de réadaptation. Vincent Boily s’accroche à l’espoir de rechausser les patins. Près d’un an plus tard, il y parvient. Mais l’équilibre n’est plus le même. Les sensations ont changé. La réalité s’impose : sa vie ne sera plus jamais comme avant.

Les mois suivants sont parmi les plus sombres de son existence. Il s’enfonce dans une profonde dépression. Ses parents, inquiets, n’osent plus le laisser seul. Puis, contre toute attente, il décide de partir seul en Australie. Ce voyage deviendra un point tournant. Il y retrouve un sens, se fixe de nouveaux objectifs et choisit de se redéfinir.

Il explore d’abord le parasport sur l’eau, en para-aviron, puis sur route, en paracyclisme. Mais c’est la découverte du parahockey qui apaise véritablement ses frustrations. Il retrouve la glace, retrouve l’adrénaline, retrouve sa passion.

L’apprentissage est exigeant. « Au début, c’était frustrant. J’ai dû repartir à zéro et apprendre à manier la luge. Mais une fois que j’ai maîtrisé ça, j’ai pu combiner cette technique avec tout ce que je connaissais déjà du hockey. »

Après la pandémie, sa progression est fulgurante : équipe du Québec, puis équipe canadienne.

« C’est un sport qui me permet de vivre avec mon handicap », affirme-t-il avec lucidité.

Ascension du mont Kilimandjaro à l’aide de béquilles

Battant dans l’âme, Vincent Boily ne s’arrête pas là. En 2024, il marque les esprits en gravissant le mont Kilimandjaro à l’aide de béquilles.

Un exploit réalisé au sein d’un groupe de dix alpinistes — dont quatre n’atteindront pas le sommet — qui lui permet d’amasser des fonds et de sensibiliser le public à la Fondation moelle épinière et motricité Québec.

Plus qu’un défi sportif, cette ascension symbolise sa trajectoire : tomber, se relever, et continuer à grimper.

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