Il fut un temps où Marianne St-Gelais vivait les Jeux olympiques le cœur dans la gorge, les lames bien ancrées sur la glace. À Jeux olympiques d'hiver de 2026, c’est plutôt casque d’écoute sur les oreilles et notes en main qu’elle suit les courses. Et visiblement, elle s’y sent chez elle.
Originaire de la région, l’ancienne grande patineuse de vitesse canadienne en est à ses deuxièmes Jeux à titre d’analyste pour Radio-Canada, après une première expérience remarquée en 2022.
« Honnêtement, je vois ça comme un privilège de pouvoir commenter mon sport », confie-t-elle.
À sa retraite, Marianne St-Gelais ressentait pourtant le besoin de prendre ses distances.
« J’étais prête à m’en aller du sport. J’ai eu besoin de recul. Puis l’analyse s’est présentée à moi, et j’ai aimé ça. C’est une nouvelle façon d’habiter ma passion pour mon sport. » La Félicinoise a aussi pu mettre à profit son expérience d’animatrice, elle qui œuvre maintenant au micro de Rythme FM au Saguenay.
Fébrilité
De l’autre côté de la bande, les émotions ne sont plus les mêmes, mais elles sont bien présentes.
« C’est sûr qu’il y a moins de stress que lorsque j’étais sur la glace! Le patinage de vitesse demeure un sport de fou, imprévisible, où tout peut basculer en une fraction de seconde. On est toujours sur le bout de notre chaise. Je me laisse encore emporter. »
L’émotion est d’autant plus forte qu’elle entretient des liens bien réels avec plusieurs athlètes actuels. Elle a partagé la glace olympique avec Kim Boutin, s’est entraînée avec plusieurs membres de l’équipe canadienne et a même contribué à former certains patineurs de la relève.
« J’ai un lien avec eux. C’est spécial d’analyser leurs courses. »
Une expérience qui rapporte
Son passé d’athlète constitue d’ailleurs sa plus grande force comme analyste. Marianne St-Gelais croit profondément à la complémentarité entre le journaliste et l’ancien sportif dans une équipe de description.
« Le journaliste amène la préparation, la recherche, la structure. L’ancien athlète apporte son œil, sa vision, ses anecdotes, les nuances que personne d’autre ne peut connaître. »
Le défi pour elle, qui connait chaque détails de son sport, c’est de le vulgariser le plus simplement possible.
« Je ne dois pas entrer dans des détails trop complexes. Le public n’a pas à connaître tous les règlements, il doit seulement comprendre ce qu’il voit. »
Derrière la fluidité de ses analyses se cache toutefois un important travail de préparation. Lecture de règlements, formations, suivi des courses durant la saison, observer les sélections, analyser les performances. Elle échange aussi avec des entraîneurs, des responsables de programmes et même des contacts sur place pour bien saisir ce qui se passe en coulisses.
Sur la glace, elle a longtemps poursuivi les médailles. Derrière le micro, elle poursuit désormais un autre objectif, transmettre la flamme. Donner le goût, à ceux qui découvrent le patinage de vitesse pour la première fois, de rester assis, eux aussi, sur le bout de leur chaise.