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Analyse d’impact sur le caribou forestier

Les élus pas surpris des résultats mais inquiets

Le 19 septembre 2024 — Modifié à 20 h 31 min
Par Denis Hudon - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Pour les élus interrogés sur les résultats de l’analyse d’impact réalisée par Ottawa en lien avec le décret d’urgence sur la protection du caribou, il n’y a pas de quoi être étonné.

L’analyse d’impact avance notamment une perte de 1 400 emplois directs, 53 entreprises touchées (35 scieries, dix usines de fabrication de produits du bois, trois usines de pâtes et papiers, deux installations de cogénération et produits énergétiques, trois coopératives de récolte), ainsi que des pertes économiques de près de 900 M$ sur dix ans.

Le décret pourrait interdire des coupes forestières dans certains secteurs et la construction de nouveaux chemins forestiers.

« Je ne suis pas du tout surpris, c’est dans l’ordre de grandeur de ce qu’on savait déjà. Les enjeux sociaux sont énormes et ça nous inquiète énormément », dit Luc Simard, préfet de la MRC Maria-Chapdelaine.

D’où l’importance, ajoute-t-il, que Québec s’occupe du dossier et établisse un plan adapté aux besoins des communautés.

« On lance une perche à Québec pour la mise sur pied d’une table nationale impliquant toutes les communautés. On veut travailler ensemble. On n’est pas fermés à la protection du caribou, il faut rechercher le bon équilibre ».

Pour le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy, Yanick Baillargeon, la réalité pourrait être bien pire encore si le décret était adopté.

« L’analyse ne tient pas compte des impacts directs, indirects et induits. C’est 1 500 emplois en pertes potentielles pour la région », insiste le préfet.

Autres réactions

La mairesse Sylvie Coulombe a de quoi être inquiète elle aussi puisque sa municipalité, Saint-Thomas-Didyme, compte une scierie sur son territoire et vit majoritairement de la forêt.

« Si le décret fédéral est adopté, on va dévitaliser encore plus nos communautés. Il faut maintenir la pression sur Québec ».

Elle indique du même souffle qu’une étude locale qui date d’août dernier montre que la scierie à Saint-Thomas contribue pour 10 % des recettes de la municipalité. Pour le dépanneur au village, les pertes en retombées économiques se chiffreraient autour de 3 000 $ mensuellement.

Quant au chef Gilbert Dominique de Mashteuiatsh, il constate que la protection du caribou a le dos large.

« Les usines fermées, l’incapacité d’écouler leurs marchandises, les taxes canadiennes sur l’importation du bois d’œuvre aux États-Unis, ce n’est pas la faute du caribou. Québec doit se regarder dans le miroir. L’inertie du gouvernement provincial fait que le problème s’est amplifié », dénonce-t-il.

Pour le chef Dominique, une réflexion collective s’impose. « On ne pourra pas prélever la forêt comme on le fait encore longtemps. Il faut une stratégie pour transformer cette industrie. Le fédéral et le provincial doivent aussi accompagner les régions dans cette transition », conclut-il.

 

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