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Les entreprises du milieu durement affectées par la fin du PEQ

IGA Lamontagne & Fille pourrait fermer des départements

Le 12 février 2026 — Modifié à 19 h 24 min le 13 février 2026
Par Jean Tremblay - Journaliste

À l’instar de nombreuses entreprises québécoises, le marché d’alimentation IGA Lamontagne & Fille subit de plein fouet les répercussions de la fin du Programme de l'expérience québécoise (PEQ), qui permettait de pallier le manque de main-d’œuvre par l’embauche de travailleurs venus de l’étranger. Cette situation pourrait contraindre l’entreprise de Saint-Félicien à fermer certains départements.

Les copropriétaires du commerce, Yvon Lamontagne et sa fille Marie-Ève Lamontagne, interpellent les gouvernements du Québec et du Canada afin qu’une discussion commune s’amorce rapidement pour éviter des conséquences jugées majeures.

Situation de plus en plus précaire

« Quatre de nos travailleurs étrangers attendent toujours leur résidence permanente. Trois autres demeurent sans réponse et un dernier possède uniquement un statut d’invité », explique Marie-Ève Lamontagne. Selon elle, l’incertitude pousse certains travailleurs à envisager un départ vers d’autres provinces.

« L’été dernier, une employée a quitté pour le Nouveau-Brunswick, où le calcul du nombre autorisé de travailleurs étrangers demeure plus souple. Dans certaines provinces, le maintien en poste de ces travailleurs semble nettement plus accessible », précise-t-elle.

À cette réalité s’ajoute la réduction du nombre de travailleurs étrangers permis au sein d’une même entreprise. « Avec le changement d’orientation du gouvernement fédéral, le seuil est passé de 20 % à 10 % », souligne Yvon Lamontagne.

Avant cette modification, plusieurs postes spécialisés comme les pâtissiers, cuisiniers, bouchers ou poissonniers échappaient à cette limite. Désormais, ces travailleurs doivent s’inscrire dans le calcul global.

« J’avais droit à 14 employés étrangers à temps plein. Sans ajustement des règles, sept d’entre eux perdront leur emploi », indique-t-il. Par ailleurs, le renouvellement des permis de travail, auparavant valide pour deux ou trois ans, s’effectue maintenant sur une base annuelle, ce qui complique davantage la planification des opérations.

Des fermetures envisagées

L’avenir du prêt-à-manger, de la poissonnerie, de la boulangerie et de la boucherie demeure incertain. À la poissonnerie, un seul employé issu de l’immigration assure actuellement les opérations. Une réalité semblable prévaut à la boulangerie, où deux décoratrices étrangères occupent des postes clés.

Peu de soutien pour les nouveaux arrivants

La situation financière de ces travailleurs demeure également préoccupante. Durant les deux premières années passées au Québec, l’accès aux programmes de soutien demeure extrêmement limité.

« Leur admissibilité se limite essentiellement à la RAMQ. Aucun accès aux crédits d’impôt pour enfants à charge, entre autres. Lorsqu’un travailleur arrive ici, l’entreprise doit prendre le relais », mentionne Yvon Lamontagne, qui a dû acheter une maison et louer deux logements de type 5 ½ afin de loger ses employés.

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