À 93 ans, l’ex-agriculteur et ex-politicien Benoît Laprise privilégie un rythme quotidien plus calme, sans rompre avec une discipline façonnée par des décennies de travail. Les journées s’organisent autour de sa famille et de ses proches, qui occupent une place centrale. Parmi ses sources de satisfaction, la continuité des activités de la ferme familiale retient particulièrement l’attention, alors que l’entreprise s’inscrit désormais dans une cinquième génération.
Père de neuf enfants, grand-père de onze petits-enfants et arrière-grand-père de huit autres et un neuvième attendu prochainement, Benoît Laprise vit de façon autonome dans son condominium situé sur le boulevard du Sacré-Cœur, en bordure de la rivière Ashuapmushuan. « Je cuisine mes repas et je me trouve bien chez moi », mentionne-t-il, en évoquant un mode de vie simple et ordonnée.
Interrogé sur les facteurs associés à sa longévité active, il résume sa pensée sans détour : « Travailler, rien de moins. » Cette approche, appliquée dès l’enfance, a orienté l’ensemble de son parcours.
Implication scolaire
Sur le plan scolaire, son engagement remonte à la période de réorganisation du réseau éducatif québécois. Il participe à la fondation de la Commission scolaire régionale Louis-Hémon, qu’il préside de 1975 à 1979. Cette structure prend forme dans le contexte des réformes issues de la Révolution tranquille, visant une modernisation de l’éducation. Avant cette implication, il agit comme commissaire au sein de la Commission scolaire La Vallière, contribuant aux décisions locales en matière d’enseignement.
Une vie agricole soutenue
Issu d’une lignée agricole, Benoît Laprise reprend une ferme transmise de génération en génération. Son père Henri l’avait lui-même reçue de Joseph, assurant ainsi une continuité familiale marquée. Dès l’âge de sept ans, il participe aux travaux agricoles, intégrant rapidement les exigences du métier. À 32 ans, il prend officiellement la relève.
Au fil des années, l’exploitation connaît une expansion mesurée. Le troupeau laitier augmente progressivement, passant une soixantaine de vaches laitières. Il a orchestré le transfert de l’entreprise à son fils Robert, qui prépare à son tour la relève avec son propre fils Samuel. Cette transition graduelle illustre une planification à long terme et une volonté de maintenir les activités au sein de la famille.
Son engagement dépasse le cadre de sa ferme. En 1964, il accède au poste de vice-président régional de l’Union catholique des cultivateurs, avant d’en assumer la présidence régionale jusqu’en 1970. Parallèlement, de 1968 à 1994, il travaille comme technicien agricole au ministère de l’Agriculture du Québec, offrant un appui technique aux producteurs.
Parcours politique
La trajectoire de Benoît Laprise se distingue également par une implication politique soutenue. Il occupe un siège de conseiller municipal à Saint-Félicien de 1981 à 1983, puis assume la fonction de maire de 1983 à 1994. Par la suite, il représente la circonscription de Roberval à l’Assemblée nationale du Québec de 1994 à 2003, sous la bannière du Parti québécois.
Durant ce mandat, il remplit diverses responsabilités, notamment comme whip adjoint du gouvernement et adjoint parlementaire auprès des ministres de la Sécurité publique et de l’Agriculture. Son passage en politique s’accompagne de contributions à plusieurs projets régionaux, dont la construction de la polyvalente des Quatre-Vents et la création du Cégep de Saint-Félicien, où il siège également au conseil d’administration.
Et comme si ce n’était pas assez, il a écrit, en 2019, sa bibliographie intitulée « Au cœur de mon milieu ». Le livre de 355 pages comprend de nombreuses photos qui illustrent son parcours professionnel et également sa vie familiale.