Installés à Roberval depuis 2020, Jenest Coulombe et Bérangère Bélanger consacrent une grande partie de leur quotidien à leurs passions artistiques respectives. Durant la saison hivernale, chacun s’affaire dans son propre atelier aménagé à même leur logement : lui à la matchitecture, elle à la peinture à l’huile.
À l’approche de ses 90 ans, Jenest Coulombe maintient une discipline remarquable. Chaque matin, après une marche de 1 h 30, il débute son travail créatif pour une première séance d’environ une heure, suivie de deux heures supplémentaires en après-midi. Ce rythme constant lui permet de progresser méthodiquement dans des projets souvent exigeants.
Il s’est initié à la matchitecture il y a neuf ans. À ses débuts, ses créations prenaient la forme de camions, de pelles mécaniques ou de tracteurs, principalement réalisés pour faire plaisir à ses proches. Avec le temps, la complexité de ses œuvres a considérablement augmenté.
Une technique minutieuse
La matchitecture consiste à concevoir des structures à partir de petits morceaux de bois, souvent inspirées de bâtiments réels ou imaginaires. Cette discipline, dont le nom provient de la combinaison des mots « match » (allumette) et « architecture », exige précision, patience et minutie. Les créateurs assemblent des milliers de pièces à l’aide de colle, reproduisant parfois des monuments emblématiques.
Dans le cas de Jenest Coulombe, les réalisations se distinguent par leur niveau de détail et leur ampleur. Ponts, cathédrales et structures célèbres figurent parmi ses sujets de prédilection.
225 heures pour le Tower Bridge
Son projet le plus récent illustre bien cette rigueur. Après 225 heures de travail, il a complété une reproduction du Tower Bridge, célèbre pont basculant situé à Londres. Amorcée le 17 novembre, l’œuvre a été achevée au début du mois d’avril.
« La structure comprend environ 5 000 pièces. Chaque bâtonnet de pin a été coupé puis collé individuellement à l’aide d’une colle spécialisée », précise-t-il.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Parmi ses œuvres majeures figure également une reproduction de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Cette création, composée de quelque 7 200 pièces, a nécessité près de 350 heures de travail.
Selon lui, la réussite de telles œuvres repose avant tout sur la stabilité du geste et une grande concentration. « Il faut beaucoup de patience et éviter toute hésitation dans les mains », souligne-t-il.