Chroniques

Temps de lecture : 2 min 17 s

Et si on vivait sans étiquette ?

Le 21 novembre 2024 — Modifié à 07 h 00 min
Par Stéphanie Gagnon

Un malaise profond m’habite depuis que j’ai visionné le documentaire Alphas, diffusé à TQc la semaine dernière. Ce documentaire m’a épuisée. Délaissant chaudron et reprisage et ce que la norme traditionnelle attendrait de moi, je me suis mise à réfléchir, encore plus intensément, à ma condition de femme.

De femme cisgenre, qui se trouve à être aussi hétéro, entrepreneure, TDA, en préménopause, chasseuse, athée, pro-choix, vaccinée… Et je me suis rendue compte que rien, dans cette énumération, ne me définit vraiment. Chaque sphère de ma vie, aussi marquante soit-elle, n’est qu’une pièce du casse-tête. Pourtant, pour chacune ou presque de ces réalités, je pourrais rejoindre un groupe de défense ou de soutien. Ça ne ferait qu’ajouter des étiquettes, jamais une définition complète de ma personne.

J’haïs les cases. Comme je les haïs !

Je souhaite un monde inclusif, respectueux de l’authenticité de chaque personne parce qu’on y aura créé des espaces où chacun se sent à sa place. Pas des cases. Des espaces.

On crie à l’inclusion à tout bout de champ, est-ce qu’on aurait oublié ce que ça signifie vraiment ? Chaque groupe cherche à faire valoir ses particularités, en se brandissant ostentatoirement la différence comme un trophée, dans une quête infinie (et futile?) de validation.

Évidemment que les différences sont là, elles existent et il faut en parler. Il y a encore de l’éducation à faire et on ne pourra jamais prétendre être une société égalitaire si certaines réalités ne sont pas comprises. Trop de gens ignorent encore l’histoire des discriminations, les injustices systémiques…

Parler de ce qui nous distingue sert à briser des idées reçues et, idéalement, élever le niveau de respect qu’on a les uns envers les autres. Là où je débarque, c’est quand on s’y accroche au point que ces différences deviennent des remparts identitaires qui isolent.

Genre, religion, couleur, orientation… Ces cases-là finissent par emprisonner au lieu de libérer. Et si l’inclusion veut dire se morceler en communautés cloisonnées, j’appelle ça de l’exclusion déguisée.

L’égalité, la vraie, ne serait-ce pas justement de vivre sans devoir rappeler en permanence ce qui nous distingue ? On pourrait se départir une fois pour toute des généralisations.

Je fabule peut-être, mais je persiste à croire qu’à échéance, l’humain pourra être assez évolué pour naître avec un respect instinctif. Qu’il se foutra complètement de l’apparence, des croyances ou des préférences d’autrui, parce que ce sera enfin perçu pour ce que c’est : insignifiant.

Au lieu de chercher à se définir par une appartenance, pourquoi est-ce qu’on ne célébrerait pas notre unicité, simplement en tant qu'individus ? Avec nos nuances, nos contradictions, nos forces et nos faiblesses. Être humain, c'est bien plus profond que toutes les cases où l'on cherche à se loger.

Pour en revenir au documentaire Alphas, où le message des masculinistes présente les rôles traditionnels des hommes et des femmes sont exaltés comme des piliers d'une société plus « saine ». Cette vision rétrograde cherche à maintenir les gens dans des cases étroites, à leur imposer une identité figée par leur sexe, leur rôle et leurs attentes. Et, ultimement, chaque couple a à se définir lui-même, sans égard aux attentes constuites.

Plutôt que de revenir à un ordre rigide, on doit avancer vers une société où la liberté de chacun d'être soi-même est la seule norme valable.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié à 7h00

Voici enfin du positif, mais…

Avec un printemps qui tarde à s’installer, j’avais envie aujourd’hui de porter un regard un peu plus positif dans cette chronique. J’ai beau chercher dans les nouvelles, le positif est rare. Alors je me suis dit : pourquoi ne pas souligner quelques initiatives d’ici bien concrètes ? Par exemple, l’inauguration des habitations du Groupe Coderr à ...

Publié le 11 avril 2026

Mauvaise culture

Peu importe le niveau, le mot « culture » est très souvent associé au monde du hockey. On nous indique qu’il est capital d’avoir une bonne culture d’équipe, mais en réalité ça veut dire quoi ? Ce n’est pas très compliqué. Tu veux de bons joueurs qui savent se tenir sur glace et hors glace, des joueurs qui font passer l’équipe avant leur propre ...

Publié le 9 avril 2026

J’ai mal à ma forêt

Il y a tellement de bruit actuellement, partout, sur le Web, à la télé, à la radio, tellement d’infos et d’opinions sur tout que chaque nouvelle, chaque « dossier », n’a qu’une courte vie. Une information devient obsolète au bout de 48 heures, gros max. Conséquence, beaucoup de sujets sont à peine effleurés. Une clip audio de 15 secondes, un ...

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES