Actualités

Temps de lecture : 2 min 2 s

Les cégeps de la région victime du refus massif d’étudiants étrangers francophones

Janick Émond
Le 26 août 2022 — Modifié à 11 h 06 min le 26 août 2022
Par Janick Émond - Journaliste

Les cégeps de la région victime du refus massif d’étudiants étrangers francophones

Le refus massif d’étudiants francophones étrangers touche grandement les quatre cégeps de la région, une situation qui est décriée par les directions des établissements d’enseignement ainsi que par les députés bloquistes Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe.

Les députés et les directions de cégep se sont adressés aux médias ce vendredi afin de dénoncer le nombre grandissant d’étudiants africains francophones qui se voient refuser leur permis d’études par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Depuis les dernières semaines, les réponses négatives se multiplient dans les établissements d’enseignement collégial du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Sur 454 étudiants en provenance de l’Afrique francophone, seulement 71 seront de la prochaine rentrée scolaire. La situation est semblable dans les CFP du Lac-Saint-Jean et du Pays-des-Bleuets où le taux de refus s’élève à 90%.

En 2021, l’Université du Québec à Chicoutimi a recensé un taux de refus de visa étudiant de 58%. Aux cégeps de Saint-Félicien et de Jonquière, le taux de refus était de 56% et de 53% respectivement. En comparaison, l’Université McGill, une institution anglophone, recensait un taux de refus de 9% au cours de la même période.

Parmi les motifs évoqués par l’IRCC, on retrouve la crainte que les demandeurs ne quittent pas le Canada à la fin de leurs études et l’incapacité financière alors que plusieurs d’entre eux reçoivent des bourses ou des exemptions de frais de scolarité et un soutien financier de leur famille.

« D’une part, on a un programme provincial le PEQ qui vise à garder les étudiants étrangers au Québec, on a de bons étudiants qui rêvent de venir étudier en français, en région. D’autre part on a le gouvernement fédéral qui refuse ces mêmes étudiants par crainte qu’ils ne retournent pas dans leur pays à la fin de leurs études. C’est complètement illogique », s’est exclamé Mario Simard.

Comme vice-président du Comité de Citoyenneté et de l’Immigration, Alexis Brunelle-Duceppe s’est attaqué à l’enjeu des étudiants étrangers francophones au printemps dernier. Dans le rapport, 35 recommandations ont été adressées au ministre Sean Fraser.

« En appliquant uniquement la recommandation 15 du rapport, pour que l’intention de s’établir au Canada ne nuise pas à l’obtention d’un permis d’étude, on règle déjà une grosse partie du problème. Que ces étudiantes et étudiants veuillent rester ou non après leurs études, ça ne devrait pas être une préoccupation du gouvernement fédéral. Ce sont des francophones, avec un diplôme en main et un cercle d’amis au Québec », a déclaré Alexis Brunelle-Duceppe.

« Les étudiants internationaux en provenance d’Afrique francophone constituent une clientèle des plus intéressantes pour nos cégeps et un bassin potentiel d’immigration qui peut avoir des effets bénéfiques pour le Québec et ses régions. Non seulement la langue première de ces étudiants est le français, ce qui facilite leur intégration dans la sphère sociale, mais de surcroît ils viennent se faire former et diplômer chez nous, dans des secteurs en pénurie de main-d’œuvre » ont tenu à mentionner les quatre directions générales des cégeps de la région.

 

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES