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Manque d’agents de protection de la faune: Un risque pour les populations animales

Yohann Harvey Simard
Le 26 octobre 2022 — Modifié à 21 h 37 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Le manque d’agents de protection de la faune au Saguenay-Lac-Saint-Jean met à risque les populations animales du territoire.

C’est ce qu’affirme le président provincial du Syndicat des Agents de Protection de la Faune du Québec, Martin Perreault.

On dénombre 19 agents de protection de la faune (APF) dans la région, soit sept au bureau de Chicoutimi, quatre à ceux d’Alma, de Roberval et de Dolbeau-Mistassini. Des effectifs insuffisants considérant qu’un « bureau devient à son seuil minimal de sécurité et d'efficacité lorsqu'il y a minimalement 6 à 8 agents par bureau », mentionne Martin Perreault.

Ce dernier estime que le manque d’agents en forêt risque d’avoir des impacts néfastes sur la faune. D’autant plus que les chasseurs se font de plus en plus nombreux, notamment depuis la pandémie.

Il mentionne que plusieurs opérations, comme le démantèlement de réseaux de braconnage, ont été annulées par l’employeur en guise de représailles liées aux moyens de pression récemment déployés par les agents, sans convention collective depuis maintenant 30 mois.

« Et là, c’est la population qui en paie le prix. Mais nous, c’est justement ça qu’on voulait éviter. On se retrouve à ne plus pouvoir donner suite aux nombreuses plaintes qu’on a reçues de la part de citoyens. »

Des négociations qui n’aboutissent pas

Les négociations entourant le renouvellement de la convention collective des APF  s’étirent depuis le 1er avril 2020. Seulement deux éléments ne font toujours pas consensus, précise Martin Perreault.

« Le premier élément, c’est une demande pour simplement s’asseoir avec le gouvernement pour parler de notre régime de retraite. Le deuxième élément, ça concerne une prime qui est octroyée à d’autres corps d’agents de la paix et que l’on veut avoir aussi. C’est en quelque sorte une prime d’attraction/rétention (bonus équivalent à 4% du salaire annuel), mais eux, ils considèrent qu’on n’a pas de problèmes d’attraction/rétention. »

Or, affirme le dirigeant syndical, le nombre d’agents de protection de la faune a considérablement décru au Québec de 2018 à aujourd’hui, passant de 440 à 293.

Selon lui, un nombre anormal d’agents se sont mis à quitter leur emploi sur une base volontaire depuis cinq ans.

Cet exode serait notamment attribuable au salaire, jugé insuffisant par rapport aux conditions de travail, parfois éprouvantes.

« Nous, au provincial, en partant, on a de 20 à 25 000$ de moins qu’au fédéral. En plus, on travaille une fin de semaine sur deux et on peut être appelés à travailler de jour, de soir et de nuit. Aussi, les nouveaux agents sont souvent envoyés en milieux éloignés sans garantie d’éventuellement pouvoir revenir. »

 

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