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Des entrepreneurs forestiers risquent la faillite - L’industrie forestière lance un cri du cœur à Trudeau et Legault

Jean Tremblay
Le 12 juillet 2023 — Modifié à 14 h 52 min le 12 juillet 2023
Par Jean Tremblay - Journaliste

Un groupe d’organisations du secteur forestier interpelle le premier ministre du Canada et le premier ministre du Québec afin qu’ils déploient de toute urgence des moyens importants et adaptés afin d’éviter le pire. La crise sans précédente que vivent les entreprises forestières, causée par l’embrasement des forêts au Québec, risque de placer certaines d’entre elles en situation de faillite.

Plusieurs demandes ont été adressées aux deux premiers ministres. Mentionnons que les membres du groupe ont déjà écrit à Justin Trudeau et François Legault pour leur demander une rencontre afin de leur présenter leurs demandes. Les deux lettres sont toutefois restées sans réponse.

Tour à tour, les six organisations présentes ont affiché leur désarroi lors d’un point de presse qui s’est tenu à l’Hôtel Château Roberval mercredi matin.

Les représentants de l’Alliance Forêt Boréale (AFB), l’Association des entrepreneurs et travaux sylvicoles du Québec (AETSQ), l’Association québécoise des entrepreneurs forestiers (AQEF), la Fédération de l’industrie manufacturière-CSN (FIM_CSN), la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF) et Unifor ont pris, tour à tour la parole.

Entreprises en péril

Daniel Fortin, administrateur et formateur à l’Association québécoise des entrepreneurs forestiers et entrepreneur forestier au Saguenay–Lac-Saint-Jean en a gros sur le cœur.

« Nous avons réalisé un sondage auprès des entrepreneurs forestiers. Plus d’une centaine ont répondu à notre questionnaire. De ce nombre, près de 50% font face à des pertes financières de plus de 100 000 $. Deux entrepreneurs sur cinq se considèrent en péril », explique-t-il.

« Les entrepreneurs forestiers sont en première ligne de la chaîne industrielle forestière. On se retrouve dans une période sans revenu, mais avec les mêmes frais. Plusieurs sont en difficulté financière. »

Même son de cloche d’Unifor

Pour Daniel Cloutier, directeur québécois chez Unifor, le Québec vit une catastrophe sans précédente. Le syndicat, à lui seul, représente 15 000 travailleurs qui dépendent de la foresterie au Québec.

« Pour nous, c’est l’équivalent de l’ouragan Katrina qu’ont vécu les Américains, ou encore les feux de la Californie. Ça s’inscrit dans une tendance mondiale. Une situation qui pourrait revenir beaucoup plus vite qu’une génération. »

« Nous, chez Unifor, on pense que les gouvernements n’ont pas pris les pleines mesures pour nous aider face à ce qui s’est passé. Plusieurs vont être acculés à la faillite. »

Il rappelle, également, la problématique à laquelle devront faire face les travailleurs en sylviculture.

« Eux, ils travaillent normalement, dans une année, 22 semaines. Déjà il va manquer jusqu’à sept semaines de travail pour ces travailleurs. Ils n’auront donc pas la possibilité de cumuler les 700 heures de travail requis pour être éligible à l’Assurance-Emploi. On risque de perdre ces travailleurs qui vont se retrouver un autre emploi. »

Unifor s’inquiète également des entrepreneurs forestiers qui ont vu leurs équipements brulés par les feux de forêt.

« Ces équipements peuvent coûter de 4 à 5 M$. Même s’ils détiennent des polices d’assurance ils doivent absorber 10% de la valeur de remplacement ce qui représente de 400 000 $ à 500 000 $ l’unité. Certains étaient déjà « accoté » pour les paiements de leurs machines. Certains ne seront pas en mesure de continuer à opérer », conclut le directeur.

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