À l’heure où l’innovation et la durabilité sont indispensables, Écofaune Boréale lance Empreinte, le premier sommet catalyseur de la filière cuir et fourrure au Québec. Entre panels d’experts, activités et réseautage, l’événement crée un espace unique pour unir les forces du milieu et bâtir une vision commune pour l’avenir.
Le cuir et la fourrure représentaient des secteurs d’activités très forts historiquement, comme le souligne Louis Gagné, directeur d’Écofaune Boréale. La situation a changé au fil du temps avec les multiples ententes de libre-échange signées au Canada.
« Ça a amené énormément de délocalisation d’ateliers de fabrication. On a vu ça beaucoup dans l’industrie du cuir, la chaussure particulièrement, et les tanneries », fait-il savoir.
Aujourd’hui, ces secteurs d’activités sont dévitalisés. « Ils sont en manque de développement et de support. On est victime de l’importation massive de produits pas chers. Quand on regarde au niveau économique, les importations dépassent très largement les exportations. On a une balance commerciale négative qui nuit à notre économie. Du point de vue écologique, on a des matériaux qui ne sont pas valorisés. »
« Par exemple, des abattoirs doivent jeter pour se départir des peaux. Antérieurement, ils pouvaient les vendre à des tanneries qu’ils revendaient à des manufacturiers pour la fabrication d’objets, de pièces de vêtements ou de chaussures destinés aux différents marchés québécois, canadien, américain. Cette chaîne de valeur est fortement attaquée à plusieurs égards. »
C’est dans ce contexte qu’Écofaune Boréale a décidé de fonder Empreinte, le sommet cuir et fourrure au Québec. « Nous avons regroupé le thème du cuir et celui de la fourrure. Ils sont souvent séparés, dit Louis Gagné. Pourtant, les enjeux sont relativement semblables, comme ceux de partenariat, de collaboration, de représentation politique, de valorisation de l’industrie et des métiers reliés à ces secteurs d’activités. »
L’objectif est de « créer un momentum de filière », en réunissant l’ensemble de l’écosystème, des manufacturiers aux chercheurs, en passant par les entrepreneurs et les transformateurs, pour bâtir une structure forte et pérenne.
Recherche, innovation et vision
Le sommet se déroulera du 30 avril au 1er mai à Saint-Félicien. La journée du jeudi sera consacrée à la thématique de la recherche et du développement, et se tiendra à l’Hôtel du Jardin.
Depuis un an, Écofaune Boréale mène un projet de recherche financé par le Regroupement de recherche en économie circulaire du Québec (REECQ). Ce projet porte sur la gestion des matières résiduelles et les possibilités de valorisation en économie circulaire dans l’industrie du cuir et de la fourrure.
« Dans le cadre du projet de recherche, nous avons parlé avec une quarantaine d’acteurs de l’industrie, partout au Québec. On a parlé aux entreprises. On a parlé à des personnes à plusieurs occasions depuis un an pour prendre le pouls et arriver avec une vision 2050. On veut essayer de proposer une vision du futur », explique Louis Gagné, en ajoutant que la présentation des résultats aura lieu durant le sommet.
En après‑midi, les participants pourront approfondir leurs connaissances en entrepreneuriat.
La deuxième journée aura lieu au Zoo sauvage de Saint‑Félicien et portera sur les perspectives et les actions à envisager pour la suite.
Louis Gagné souhaite que le sommet devienne un lieu d’échanges et de partage concret.
« Je veux que les participants repartent avec des outils pour développer leur entreprise. C’est essentiel. On va beaucoup discuter, mais il faut que ces discussions se traduisent ensuite en actions, autant au sein des entreprises qu’entre elles », termine-t-il.