Après plusieurs années de forte expansion, la croissance démographique du Québec a connu un net ralentissement en 2025, voire un léger recul, selon les données provisoires du plus récent Bilan démographique publié par l’Institut de la statistique du Québec.
Au 1er janvier 2026, la population de la province était estimée à 9,03 millions d’habitants, soit une diminution de 9 600 personnes. Un repli modeste mais significatif dans un contexte où la hausse était auparavant soutenue.
Pour sa part, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a connu taux d’accroissement démographique de 0,38% durant la période 2024-2025. Il s’agit d’un des taux les plus faible parmi les régions du Québec.
Un déficit naturel qui se confirme
Pour une deuxième année consécutive, le Québec a enregistré plus de décès que de naissances. En 2025, 80 450 décès ont été recensés, soit une augmentation de 2,1 % par rapport à 2024.
Bien qu'une hausse soit attendue dans un contexte de vieillissement de la population, ce chiffre dépasse de 4 % les attentes fondées sur les tendances prépandémiques.
Selon l’Institut de la statistique du Québec, cette constatation s’explique en grande partie par deux épisodes de surmortalité attribués à des vagues de grippe survenues en février et en décembre de l’an dernier.
Du côté des naissances, 78 200 bébés sont venus au monde, une légère hausse de 1 % comparativement à l’année précédente. Malgré ce regain, l’indice de fécondité demeure bas, à 1,36 enfant par femme, près du creux historique observé en 2024 (1,35) et prévisible suivant la tendance générale depuis une quinzaine d'années.
Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, cet indice s’établit à 1,44, un niveau légèrement supérieur à la moyenne québécoise, mais qui reste insuffisant pour assurer le renouvellement des générations.
La tendance des naissances tardives se poursuit également : en 2025, les femmes québécoises ont leur premier enfant en moyenne à 30,2 ans. À l'échelle canadienne, la fécondité du Québec demeure cependant supérieure à celle de la majorité des autres provinces.
L’espérance de vie stable
Malgré la hausse de la mortalité, l’espérance de vie au Québec demeure élevée, atteignant 84,4 ans chez les femmes et 81,1 ans chez les hommes. Ces niveaux, comparables à ceux observés depuis 2016, placent toujours la province parmi les sociétés avec l’espérance de vie la plus élevé à l’échelle mondiale.
Cependant, des écarts régionaux persistent. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’espérance de vie est inférieure à la moyenne provinciale, avec 83,4 ans pour les femmes et 80,4 ans pour les hommes.
Des migrations en perte de vitesse
Autre facteur clé du ralentissement démographique au Québec : la baisse des gains migratoires. En 2025, le solde migratoire total du Québec est estimé à -7 150 personnes. De plus, les migrations internationales n’ont généré qu’un gain marginal de 450 personnes, insuffisant pour compenser les pertes liées aux déficit migratoire.
Si l’immigration permanente a légèrement progressé, avec 60 150 nouveaux résidents admis en 2025 contre 59 400 un an plus tôt, la forte diminution de l’immigration temporaire a pesé dans la balance.
Le nombre de résidents non permanents a chuté de 51 400 personnes en un an, pour s’établir à 514 050 au 1er janvier 2026, après avoir atteint des sommets entre 2022 et 2024. Cette tendance à la baisse de l’immigration temporaire s’observe également ailleurs au pays.
Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, la migration internationale demeure cependant positive, avec une hausse de 0,46 %.