Chroniques

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Par ici les dépenses

Le 15 décembre 2023 — Modifié à 11 h 49 min le 15 décembre 2023
Par Roger Lemay

Par ici les dépenses

Julie Dufour s’est fait élire en raison de sa promesse de geler les taxes en 2022, geste aussi électoraliste qu’irresponsable. La réalité d’aujourd’hui la rattrape. Ses larges dépenses en cours de mandat comme l’ajout de fonctionnaires, le recours systématique à des firmes de professionnels pour se forger sa propre opinion et de couteuses conventions collectives sans compter les investissements à venir l’obligent maintenant à piger de nouveau dans la poche des citoyens, son guichet automatique.

Presque 6% pour une seule année, ouf ! Payé par des contribuables déjà mis à mal par l’inflation galopante. En plus elle en semble fière, toute souriante sur les photos, aux côtés de son directeur des finances, son laquais, Michel Potvin. D’ailleurs avez-vous remarqué lors de l’adoption du budget que c’est M. Potvin qui répondait pratiquement à toutes les questions des journalistes concernant les chiffres, Mme Dufour faisant la plupart du temps office de spectatrice. On aurait dit que c’était lui le maire...

Pensez-vous que les élus ont tenté de trouver des solutions pour dégraisser la machine municipale? C’est l’inverse: on crée 26 nouveaux postes administratifs, dont 10 nouveaux employés rien qu’au Service des ressources humaines. 92 autres postes permanents. Par ici les dépenses. Tout va bien Madame la Marquise ! C’est comme si, dans votre famille à la maison, vous seriez accoté au maximum sur vos cartes de crédit, que votre revenu familial n’arrivait pas à payer l’hypothèque, les taxes et l’épicerie, mais que vous décidiez quand même d’engager une femme de ménage et un jardinier.

Ce qui nous amène donc à la dette. Il y a quelques mois, j’ai écrit un papier sur l’augmentation inquiétante de la dette accumulée à Saguenay, en démontrant qu’elle est, de loin, la plus considérable, au ratio des revenus et au prorata de la population des villes comparables, comme Trois-Rivières et Sherbrooke. Elle avait pratiquement doublé en 10 ans, atteignant le demi-milliard de dollars.

Et bien non seulement on ne prévoit rien pour en reprendre le contrôle, mais on s’en va allègrement vers le 732 millions en 2026. Trois quarts de milliard de dollars de dette pour une ville de 148000 habitants. Or au fur et à mesure qu’il faudra refinancer les emprunts venant à échéance, leur taux d’intérêt passera de 1,5% à 5%. On parle de millions, juste en intérêt, qui viendront encore gonfler la dette, ce gouffre sans fond. À Québec, le maire Bruno Marchand a non seulement réussi à limiter la hausse de taxes de 3,9%, mais il a réduit sa dette de
50 millions. Mais pour cela, il faut une vision, et surtout, du courage.

Un mot en terminant sur la nomination du nouveau vérificateur général. Le fait que la Ville de Saguenay ait trainé en longueur quant au choix du nouveau VG est un mal pour un bien. Un vérificateur général ne devrait jamais, à mon sens, être choisi par la Ville qu’il est censé investiguer. C’est comme si une Ville, via son comité de sélection, dit au candidat: «bon, on te choisit, tu as le job, on te donne un salaire de 150000 dollars par année et un bureau, mais ne t’avise pas trop à nous mettre des bâtons dans les roues avec ton rapport compris? Souviens-toi qu’on t’a fait une faveur et mets la pédale douce».

Bien sûr, le VG répétera qu’il est entièrement indépendant du pouvoir politique. Quoiqu’il en soit, dans le cas qui nous préoccupe, Jonathan Desbiens a été nommé par la ministre Laforest, ce qui lui délie les mains d’office. Ce faisant, il n’a pas à se sentir redevable envers quiconque. En tout cas, à la lumière de ce qui se passe sous l’administration Dufour, il va avoir du pain sur la planche.

 

 

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