Chroniques

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Carte Blanche

The Most Wonderful Time of the Year 

Roger Lemay
Le 26 février 2026 — Modifié à 08 h 23 min
Par Roger Lemay - Rédacteur en chef

Vous connaissez la chanson It's the Most Wonderful Time of the Year d’Andy Williams? C’est un classique de Noël qui suggère que le temps des fêtes est le plus merveilleux de l’année. En tout cas de l’hiver. Mais c’est faux. Le temps le plus merveilleux de l’hiver, c’est maintenant. Au risque d’offusquer deux ou trois lutins, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, le plus beau moment de l’hiver c’est la fin février, pendant la semaine de relâche et le début mars.

Pourquoi? Parce que les gros froids ont plié bagage, le soleil prend ses aises, il y a encore « full » de neige, et notre royaume blanc devient un immense terrain de jeu.

Chaque communauté offre son carnaval, des festivités comme les Hivernades à Chicoutimi ou encore la programmation spéciale et familiale du Zoo sauvage de Saint-Félicien. Les familles sortent. Les rues s’animent. On se rappelle qu’on aime ça, l’hiver, après tout. Pour les motoneigistes, c’est carrément le nirvana. L’or blanc est au rendez-vous. Les sentiers sont beaux, enneigés, les relais débordent. Le temps est clément. On peut rouler longtemps, s’arrêter devant un point de vue spectaculaire, enlever son casque et jaser sans avoir froid ni aux mains ni au visage. 3 800 kilomètres de sentiers à découvrir. Idem côté ski. La neige naturelle du Le Valinouët comble les amateurs tandis que le Mont-Édouard offre son côté plus sauvage, plus brut, plus « carte postale nordique ».

Votre début d’année a été difficile? Les mauvaises nouvelles se sont empilées plus vite que la neige dans votre entrée? Vous en avez soupé des commentateurs politiques à la télé, des crises et des états d’âme de Donald Trump et que le mot « anxiogène » soit devenu votre nouveau tic de langage?

Alors c’est le moment de sortir.

On sous-estime beaucoup trop le pouvoir thérapeutique d’un simple bol d’air frais. Une étude menée par l’Université de la Colombie-Britannique a démontré qu’un contact régulier avec la nature améliore le bien-être et réduit grandement les symptômes d’anxiété. Des chercheurs de l’Université de Montréal ont également observé des effets positifs de l’activité physique extérieure sur l’humeur et la gestion du stress. Et l’Université Laval s’intéresse aux bienfaits des environnements naturels nordiques sur la santé psychologique.

Autrement dit : ce n’est pas juste votre grand-mère qui avait raison quand elle disait « va donc jouer dehors ».

Je plaide coupable. Moi aussi, je me laisse happer par les écrans. Scroller devient vite un réflexe. On consomme des clips sur TikTok, des Reels, des vidéos sur YouTube, et sans trop s’en rendre compte, ça devient addictif. Comme toute drogue douce, ça semble inoffensif. Jusqu’à ce que deux heures disparaissent dans un vortex de chats qui dansent et d’analystes fâchés qui maintiennent que la troisième guerre mondiale est proche ou qu’ils détiennent la preuve de l’existence des extraterrestres.

Je ne veux pas faire la morale. Mais je vous lance une invitation sincère : consultez les programmes de vos municipalités. Sortez vos raquettes. Allez patiner. Marchez dans un parc. En forêt. Physiquement et mentalement, c’est un remède gratuit, accessible et diablement efficace. Nous sommes entourés d’arbres chargés de neige, de forêts boréales, de parcs municipaux, de patinoires extérieures. Pas besoin de traverser le continent. Ici, tout est à notre portée. Bref, ne faites pas l’économie de sorties dehors. Rechargez vos batteries et vous verrez, c’est plus efficace et plus rapide qu’avec un câble USB. Et au risque de me tirer un peu dans le pied en disant ça, ça fait du bien, parfois, de prendre un break des médias.

Mais juste pour un temps…

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