Une page se tourne à Saint-Félicien. Figure marquante du paysage local, Laval WONG, nom sous lequel on reconnaît Laval Ouellet depuis des décennies, a remué ses woks une dernière fois au restaurant O Mets Chinois, le 1er avril. Il met ainsi un terme à une carrière de 40 ans consacrée à la cuisine et à la restauration.
Le même jour, Laval Ouellet et son associé Steeve Naud ont cédé l’établissement à Viviane Kaptchouan, femme d’affaires originaire du Cameroun et établie à Roberval. Déjà propriétaire du restaurant Salvatore, elle exploite également la salle de quilles et le restaurant l'Abordage du Château Roberval.
Plusieurs déménagements
Le parcours entrepreneurial de Laval Ouellet, qui soulignera ses 72 ans en juillet, débute en juin 1986. À 32 ans, il acquiert un restaurant situé sur la rue Notre-Dame. Deux ans plus tard, l’ouverture du Complexe du Parc — devenu depuis l’hôtel de ville — entraîne un premier déménagement.
Quatre ans après, O Mets Chinois s’installe dans l’ancien local de La Bagatelle, sur le boulevard du Sacré-Cœur. Puis, en décembre 1993, un dernier transfert fixe définitivement le restaurant à son emplacement actuel.
Bien avant cette acquisition, Laval Ouellet cumule déjà plusieurs expériences derrière les fourneaux. Avant même sa majorité, il accepte un poste de cuisinier dans un chantier forestier, surnommé « le 54 ». Il poursuivra ensuite dans la même voie à la polyvalente des Quatre-Vents.
Un record de 75 000 egg rolls
Au fil des années, les produits O Mets Chinois gagnent les tablettes de nombreux marchés d’alimentation, tant au Saguenay–Lac-Saint-Jean qu’à l’extérieur de la région.
« Cette production commerciale a débuté en 1994, à l’époque du local de La Bagatelle. Par la suite, j’ai aménagé un atelier de transformation au sous-sol du restaurant actuel. On y préparait notamment près de 50 000 egg rolls par semaine », raconte-t-il.
L’offre comprenait aussi des boules de poulet panées, du riz, des nouilles et des spare ribs destinés à une clientèle commerciale. Cette aventure prend fin en 2002.
Un sommet marque toutefois cette période : une production hebdomadaire de 75 000 egg rolls. « Tout se faisait à la main, avec une équipe d’une vingtaine d’employés », précise-t-il.
Même nom, même menu
Durant quelques semaines, Laval Ouellet et Steeve Naud accompagneront la nouvelle propriétaire afin d’assurer une transition harmonieuse. Viviane Kaptchouan maintient le nom du restaurant ainsi que son menu.
Aucune suppression de poste ne figure dans les plans. « Elle conserve les employés », souligne Laval Ouellet.
Après quatre décennies derrière les fourneaux, ce dernier compte désormais consacrer davantage de temps au golf et aux voyages.