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Les producteurs agricoles vont « très mal »

Yohann Harvey Simard
Le 03 mai 2023 — Modifié à 01 h 47 min le 03 mai 2023
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Les producteurs agricoles vont « très mal »

Les représentants de l’industrie agricole du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’y sont pas allés par quatre chemins la semaine dernière : le gouvernement doit impérativement agir alors qu’entre l’inflation, l’augmentation des coûts de production et la flambée des taux d’intérêt, les producteurs sont à bout de souffle.

Un sondage récemment effectué auprès de 1 200 producteurs agricoles de la région révèle que l’agriculture est plus fortement affectée par la détérioration du contexte économique.

Parmi les producteurs sondés, 19% affirment être en mauvaise ou en très mauvaise santé financière, tandis que 46 % croient que leur situation se dégradera au cours des 12 prochains mois. Plus préoccupant encore: 12% des entreprises interrogées laissent entendre qu’elles devront fermer leurs portes d’ici la fin de l’année si rien n’est fait, « du jamais vu », décrie Mario Théberge, président de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Endettement

Au cours de la dernière année, les producteurs agricoles ont vu leur marge de bénéfices nets rapetisser à vue d’œil (- 6,7 %). C’est qu’avec l’augmentation fulgurante du prix des intrants (29,7 %), dont l’engrais, le carburant et l’alimentation animale, leurs revenus ne croissent tout simplement pas aussi vite que leurs dépenses.

Ne pouvant pas constamment « refiler la facture aux consommateurs », les producteurs se retrouvent ainsi aux prises avec un « grave problème d’endettement », explique le président général de l’UPA, Martin Caron.

La relève plus touchée

La situation actuelle est particulièrement difficile pour les producteurs de la relève, soulève la présidente de la Fédération de la relève agricole du Québec, Julie Bissonnette.

Elle affirme qu’avec « la hausse des taux d’intérêt cette année, les jeunes ont atteint leur limite, qu’ils ont de l’eau par-dessus la tête. »

D’ailleurs, elle trouve « très inquiétant » que 60 % des propriétaires d’entreprise agricole en démarrage soient obligés d’occuper un autre emploi afin de subvenir aux besoins de leur famille. « Ce sont de jeunes passionnés, mais la passion, ça ne paie pas les comptes à la fin du mois. »

Solutions

Les différents intervenants du secteur agricole soutiennent que des solutions seraient pourtant à la portée du gouvernement, que l’on accuse « d’indifférence et d’inaction » vis-à-vis de la situation des producteurs agricoles.

Ils demandent à Québec de bonifier « de toute urgence » le programme de protection contre la hausse des taux d’intérêt de la Financière agricole du Québec pour toute la relève. Une bonification est aussi demandée en ce qui concerne le programme Agri-Québec pour les entreprises situées dans les régions périphériques. Parmi les autres mesures souhaitées figure l’actualisation de la rémunération de l’exploitant au Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles.

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