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La filière cuir et fourrure amorce sa vision 2050

Emmanuelle LeBlond
Le 07 mai 2026 — Modifié à 11 h 09 min le 06 mai 2026
Par Emmanuelle LeBlond - Journaliste

Écofaune Boréale a récemment organisé Empreinte, le premier sommet de la filière cuir et fourrure au Québec. Cet événement a offert une rare occasion de rassembler les acteurs du secteur et, surtout, de dévoiler les résultats d’un projet de recherche visant à dégager des pistes pour élaborer une vision 2050.

L’événement s’est déroulé sur trois jours, du 29 avril au 1er mai, sur trois sites différents. Le 30 avril, à l’Hôtel du Jardin de Saint‑Félicien, la journée a débuté sous la thématique « Matières à réflexion : recherche et développement ».

Les chercheurs Andrée‑Anne Hudon-Thibeault et Olivier Côté y ont présenté, devant une soixantaine de personnes, les résultats d’un projet de concertation visant à rassembler les acteurs du cuir et de la fourrure afin d’imaginer collectivement l’avenir souhaité pour leur filière.

« C’est vraiment un plaisir de vous voir, a dit d’entrée de jeu la chercheuse. D’une certaine façon, le projet qu’on présente aujourd’hui, c’est ce qui nous a menés à être réuni ici. Le projet de concertation de la filière a fait ressortir le besoin de se rassembler. »

L’origine du projet remonte à une étude commandée par le ministère de l’Économie, qui souhaitait obtenir un portrait clair de l’industrie du cuir et de la fourrure au Québec, explique-telle. Les chercheurs ont alors compilé des données provenant de plusieurs ministères afin d’analyser l’état réel de la filière.

L’exercice, mené à travers les trois piliers du développement durable, a révélé plusieurs constats. Sur le plan économique, l’industrie affiche des balances commerciales négatives et dépend largement des importations. Sur le plan environnemental, un enjeu majeur persiste : une grande quantité de peaux issues des abattoirs est encore jetée plutôt que valorisée. Enfin, sur le plan social, la filière doit composer avec des défis d’acceptabilité, notamment en lien avec la mort animale et l’impact environnemental des procédés de transformation.

Ces observations ont servi de point de départ à une réflexion plus large menée par Écofaune Boréale.

« L’objectif du projet de recherche était de soutenir la co-construction d’un futur souhaitable (vision 2050) pour la filière du cuir et de la fourrure au Québec », dit Andrée‑Anne Hudon-Thibeault.

Le projet de recherche a débuté en 2024. La première étape a consisté à réaliser une cartographie des acteurs du territoire, une tâche ambitieuse puisque ces derniers sont répartis aux quatre coins du Québec.

Comme l’explique Olivier Côté, la filière a perdu plusieurs repères au fil du temps : « Parfois, on a des vieux cahiers qui datent. Ce sont des vieux bottins avec toutes les tanneries du monde. Je pense que ça n’existe même plus. Avant les acteurs se connaissaient à travers le monde entier. La filière est tellement déstabilisée et dévitalisée qu’il n’y a plus ça. Plusieurs acteurs sont disparus de cette filière. Il faut reprendre le flambeau et il faut recommencer à identifier. »

Plus de 500 parties prenantes ont été identifiées, dont une majorité provenant de la transformation secondaire (fabrication de biens de transformation). Quarante d’entre elles ont accepté de participer à la concertation.

« On a vu une belle mobilisation des organismes de soutien. Ils ont une volonté de soutenir la filière du cuir et de la fourrure », observe Andrée-Anne Hudon-Thibeault.

Les chercheurs ont préconisé l’approche prospective qui permet de se préparer à l’avenir, en fonction de différents scénarios. La démarche s’est construite étape par étape : « C’était vraiment comme un chemin, indique Andrée-Anne Hudon-Thibeault. On construisait tout le temps à partir des rencontres précédentes. Il y avait quatre rencontres sur quatre mois. C’étaient des rencontres assez rapides, tenant compte de la réalité des gens. C’était d’y aller en ordre logique pour les amener à voir le futur. »

Une première ébauche de feuille de route a émergé au fil des rencontres, faisant ressortir quelques pistes pour l’avenir de la filière. Trois priorités se dégagent : mieux se connaître entre acteurs, se structurer comme véritable filière et améliorer l’image du secteur auprès des consommateurs.

Selon Andrée‑Anne Hudon‑Thibeault, un jalon s’impose toutefois comme essentiel : identifier un ou plusieurs porteurs capables d’animer, de former et de soutenir la filière dans la durée.

Et il reste encore du travail à faire. Si le projet de recherche est maintenant achevé, la feuille de route, elle, reste à compléter. Reste à déterminer sous quelle forme cette démarche prendra vie.

Rappelons qu’il s’agit de la première édition du sommet Empreinte, rassemblant plusieurs professionnels de l’industrie, de chercheurs et de spécialistes. Enjeux et défis de la filière, panels d’experts, activités de réseautage étaient au programme.

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