L’Autorité des marchés publics (AMP) a rendu public un rapport attendu sur les processus d’octroi et d’exécution des contrats liés aux projets de transformation numérique au sein des organismes publics québécois.
Ce document fait suite à un mandat confié en 2025 par la présidente du Conseil du trésor. Au terme de ses travaux, l’AMP dresse un constat préoccupant et propose une série de recommandations pour améliorer la gouvernance et la gestion de ces projets numériques.
L’analyse de l’AMP, basé sur l’examen de 11 projets numériques menés par le gouvernement entre 2010 et 2025, met en lumière plusieurs lacunes, notamment en matière de gouvernance, de gestion de projets, d'expertise et de reddition de comptes. Selon l’AMP, celles-ci se traduisent concrètement par des dépassements de coûts et d’échéanciers, voire par des risques élevés d’échec pour certains projets.
Parmi les problèmes identifiés, l’AMP souligne des objectifs souvent mal définis, des besoins imprécis et une tendance à sous-estimer les coûts réels. À cela s’ajoutent un encadrement insuffisant et un manque de soutien aux équipes responsables, ainsi que des processus contractuels et de gestion mal maîtrisés. L’organisme souligne également la difficulté à mesurer et à quantifier les bénéfices de ces initiatives numériques.
En tête de ses recommandations, l’AMP propose de repositionner la gouvernance centrale des projets numériques au sein du Secrétariat du Conseil du trésor (SCT). Elle suggère également de renforcer le rôle du ministère de la Cybersécurité et du Numérique (MCN), en misant davantage sur son expertise pour soutenir les organismes publics.
« Le SCT doit jouer un rôle central en matière de gouvernance des projets numériques. Quant au MCN, il doit concentrer son expertise sur les solutions technologiques, exercer un rôle-conseil auprès des organismes publics dans le développement et la réalisation de leurs projets numériques, et veiller notamment à la sécurité des actifs et des données. », a déclaré Yves Trudel, le PDG de l'AMP.
Selon lui, le gouvernement dispose déjà d’une expertise solide en technologies de l’information, mais une meilleure mobilisation de ces ressources internes permettrait d’augmenter les chances de succès des projets numériques et de limiter les dérives observées au cours des dernières années.