Au cours des dernières années, Julie Paradis est souvent sortie dans les médias pour raconter son histoire et rappeler l'importance du don d'organes. Aujourd’hui, forte d’une deuxième transplantation cardiaque, elle porte ce message avec encore plus de conviction, cette fois aux côtés de sa filleule.
Julie Paradis a contacté L’Étoile du Lac le 20 avril. En attente d’une deuxième greffe cardiaque, elle souhaitait une fois de plus prendre la parole pour sensibiliser la population. Quelques jours plus tard, elle a accueilli l’autrice de ces lignes chez elle, à Roberval, dans une atmosphère empreinte de chaleur et de douceur. Sa filleule, Léa Marie, était également présente.
Assise dans son salon, Julie Paradis a entrepris de raconter son histoire. Elle n’avait que huit ans lorsqu’elle a appris qu’elle souffrait d’une malformation cardiaque héréditaire, accompagnée d’arythmies sévères. Cette annonce a bouleversé son enfance. Elle a dû renoncer aux activités physiques et adapter son quotidien.
À 19 ans, son état s’est aggravé au point où elle a été déclarée invalide, incapable de travailler. Devant l’urgence, un choix s’est imposé, celui de recevoir un pacemaker ou risquer sa vie. Julie Paradis a choisi de se battre.
Quelques années plus tard, la greffe cardiaque est devenue inévitable. Elle n’oubliera jamais la date de sa première transplantation : le 22 septembre 2002.
« J’ai été greffée à 23 ans. Ça a super bien été. J’ai attendu 10 mois. Les cardiologues ont pris l’initiative de me faire avancer dans la liste puisque j’étais une candidate jeune. J’étais encore en santé. J’ai été 11 jours à l’hôpital », raconte-t-elle.
« Quand j’ai été greffée, ça faisait dix ans qu’ils faisaient des transplantations à Québec. J’étais la 69e greffée. Ils sont rendus aujourd’hui à 430 à l’IUCPQ », ajoute-t-elle.
Après l’opération, la vie de Julie Paradis s’est transformée. Elle pouvait enfin profiter de la vie en pratiquant des sports qu’elle ne pouvait pas faire dans sa jeunesse. Portée par cet élan, elle est retournée sur le marché du travail.
En 2022, elle a célébré les 20 ans de sa greffe du cœur, un jalon particulièrement marquant puisque les médecins lui en prédisaient plutôt dix.
Peu à peu, la situation a toutefois basculé. Le cœur de la Robervaloise montrait des signes d’épuisement. Au moment de l’entrevue, Julie Paradis attendait une deuxième greffe cardiaque depuis un an et demi.
Cette dernière n’est pas la seule touchée dans sa famille. Malheureusement, les problèmes cardiaques y sont héréditaires. Deux de ses proches ont déjà reçu une greffe du cœur, tandis que son oncle et son père sont décédés en attendant la leur. Aujourd’hui, sa filleule Léa Marie est à son tour en attente d’une première transplantation cardiaque.
Léa Marie a eu une enfance difficile, marquée par la perte de sa mère lorsqu’elle avait huit ans. « Après ma naissance, elle a développé une malformation cardiaque. Elle attendait un deuxième enfant, mais elle a fait un AVC et a perdu le bébé. Elle est restée paralysée pendant quatre ans avant de décéder dans son sommeil », dit-elle.
Les deux femmes unissent leurs voix pour marteler l’importance du don d’organes. « On trouve que c’est important, soutient Julie Paradis. Le don d’organes et de tissus peut sauver jusqu’à huit vies. »
La femme de 47 ans rappelle qu’il est essentiel d’en parler à ses proches et de signer la mention de don d’organes sur sa carte d’assurance maladie.
Quelques jours avant la publication de cet article, Julie Paradis a finalement reçu l’appel qu’elle n’osait plus espérer. Une deuxième greffe cardiaque venait de lui être attribuée. Son opération s’est bien déroulée et elle amorce maintenant sa convalescence.
« C’est important que les gens sachent que ça fonctionne, le don d’organes. Il faut que ça continue pour ma filleule aussi », termine-t-elle, la voix chargée d’émotion.
Une région qui se démarque
Le Saguenay Lac-Saint-Jean sort du lot. Selon Transplant Québec, les hôpitaux de la région déploient des efforts soutenus pour optimiser leur organisation et s’assurer qu’aucun donneur potentiel ne soit manqué.
« Le Saguenay Lac-Saint-Jean se positionne actuellement dans la deuxième région la plus performante pour identifier les donneurs et les référer à Transplant Québec, remarque Sylvain Lavigne, directeur des soins infirmiers et du soutien aux établissements chez Transplant Québec. Ce qui est la première étape et la plus importante dans le don d’organes. »
« La deuxième chose la plus importante pour que le don d’organes fonctionne, c’est que les gens acceptent de faire le don d’organe et ça passe par connaître les volontés », poursuit-il.
À travers la province, il y a eu près de 200 donneurs, dont l’âge moyen était de 53 ans, en 2025. Un total de 617 organes ont été transplantés la même année. Les reins font partie des organes les plus demandés.
En 2025, il y avait 17 personnes en attente d’une transplantation au Saguenay-Lac-Saint-Jean.