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Surpopulation carcérale au Centre de détention de Roberval

Il manque une vingtaine d’agents selon le syndicat

Le 06 mars 2025 — Modifié à 08 h 38 min
Par Jean Tremblay - Journaliste

Épuisement professionnel, conflit entre les gangs de détenus et obligation d’effectuer du temps supplémentaire obligatoire rendent difficile le maintien de la sécurité pour les agents correctionnels au Centre de détention de Roberval, d’autant plus qu’il en manque une vingtaine dans un établissement en surpopulation carcérale, estime le syndicat.

« À Roberval, il y a un manque d’effectifs. Certains s’absentent pour un congé de longue durée ce qui occasionne une surcharge pour le personnel en place et un épuisement pour le staff », explique Mathieu Lavoie, président du syndicat des agents de la paix en services à la Confédération des syndicats nationaux (SAPSCQ-CSN).

« Parallèlement avec cette situation, l’employeur demande d’en faire plus avec moins d’employés ce qui cause un impact sur la santé et la sécurité de nos travailleurs. L’employeur voudrait réduire les effectifs en offrant toujours les mêmes services et activités aux personnes incarcérées. Partout en province, on constate qu’il y a une pression constante sur les agents pour qu’ils performent davantage. Ça devient épuisant », ajoute-t-il.

Faible taux de rétention

L’une des conséquences de ce que vivent les employés des Centres de détention affecte directement le taux de rétention du personnel en place qui est en baisse.
« Les gens démissionnent. Certains demandent des congés pour essayer autre chose, dans un domaine d’emploi différent. C’est une roue qui tourne. »

Conflits entre groupes criminalisés

À Roberval comme partout au Québec les agents correctionnels doivent composer, au quotidien, avec des groupes criminalisés qui augmentent le niveau d’insécurité des agents correctionnels.

« Au cours des dernières années, la population carcérale s’est alourdie, occasionnant, par conséquent, une augmentation des conflits entre ces groupes. »
L’introduction de drogues, d’armes, de téléphones cellulaires à l’intérieur des établissements permet aux leaders de ces groupes de continuer, même à l’intérieur des murs, leurs pratiques et leurs activités légales pour financer leur groupe criminalisé.

« Une situation qui amène des craintes pour le personnel. La population carcérale est plus violente, davantage intimidante et plus menaçante que dans le passé. Les détenus ont souvent l’impression de ne pas avoir à subir des conséquences des gestes illégaux qu’ils posent, ce qui les incite à continuer leurs activités », conclut le président.
 

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