Les nations innues de Mashteuiatsh, au Lac‑Saint‑Jean, ainsi que celles d’Essipit et de Nutashkuan, sur la Côte‑Nord, exhortent le prochain chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) et futur premier ministre du Québec à ratifier le traité Petapan.
L’appel a été formulé jeudi dans une lettre commune distribuée aux médias par les chefs des trois communautés regroupées au sein du Regroupement Petapan, rapporte Radio-Canada.
Selon eux, le départ annoncé de François Legault ouvre « une fenêtre étroite, mais réelle » pour reprendre le dialogue sur un accord qui se négocie depuis plus de 40 ans.
« Nous invitons le(la) prochain(e) premier(ère) ministre à saisir l’opportunité de s’élever et marquer l’Histoire. Sinon, les prochaines élections qui auront lieu dans les mois à venir nous offriront peut-être une nouvelle opportunité », écrivent-ils.
Les chefs reprochent à François Legault de ne pas avoir tenu sa promesse de ratifier le traité au plus tard le 31 mars 2023, une promesse formulée lors d’une visite à Sept‑Îles, le 27 septembre 2022. À la date prévue, affirment-ils, les Premières Nations et le gouvernement fédéral étaient prêts à aller de l’avant.
« L’ensemble des enjeux entre nous avaient été réglés. Mais le gouvernement du Québec, lui, a décidé de faire marche arrière et de ne pas honorer son engagement », soulignent-ils.
En juin 2023, en marge d’une annonce de Rio Tinto à Jonquière, François Legault avait expliqué que la principale pierre d’achoppement résidait dans la question du droit à l’autodétermination. Le premier ministre craignait alors qu’une telle reconnaissance confère un droit de veto aux communautés innues et remette en cause l’indivisibilité du territoire québécois.
À la suite du refus du gouvernement québécois de signer l’accord, le Regroupement Petapan et le gouvernement fédéral ont tout de même ratifié, le 4 mai 2023, une déclaration commune destinée à « sécuriser les acquis et maintenir l’élan ».
Rappelons que le traité Petapan vise à reconnaître plusieurs droits des trois nations innues sur leur territoire ancestral, le Nitassinan. L’entente inclurait également des compensations financières versées par Ottawa pour les préjudices historiques subis.