Face à l’escalade des hostilités en Iran et au Moyen‑Orient, le premier ministre Mark Carney a réuni hier le Groupe d’intervention en cas d’incident, composé de ministres et de hauts responsables du gouvernement.
La rencontre visait à discuter de la situation en cours dans cette région du monde, des mesures de protection pour les Canadiens sur place, notamment les personnes en mission diplomatique, et du travail diplomatique du Canada en faveur d’une désescalade du conflit.
Selon le gouvernement fédéral, environ 5 200 Canadiens ont déjà demandé de l’aide pour quitter la région depuis le début de la crise. Ottawa affirme travailler activement à faciliter leurs déplacements.
Des sièges ont ainsi été réservés sur des vols en départ du Liban et des Émirats arabes unis, tandis que des autobus ont été mobilisés depuis le Qatar et Israël afin d’acheminer des ressortissants canadiens vers des zones sécurisées. Une assistance est également offerte près d’un poste frontalier iranien, où des équipes canadiennes épaulent les voyageurs pour les démarches de visa et l’organisation de la suite de leur itinéraire.
Rappelons que l’escalade militaire actuelle s’inscrit dans le contexte de l’offensive menée depuis plusieurs jours par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Ottawa précise ne pas avoir été consulté, ni avoir pris part à l’opération, et assure qu’il n’envisage pas d’y participer, alors que le conflit s’est étendu à d'autres pays du Moyen-Orient à la suite de ripostes iraniennes et d’actions menées par des groupes qui lui sont affiliés.
Désescalade du conflit
Sur le plan diplomatique, le Canada a réitéré son appel à la fin immédiate des attaques visant des infrastructures civiles, rappelant que de telles actions contreviennent au droit international. Le gouvernement fédéral soutient aussi que la sécurité et la souveraineté de ses partenaires dans la région doivent être pleinement respectées.
Dans les dernières heures, le premier ministre Carney s’est entretenu avec plusieurs dirigeants internationaux, dont le président américain Donald Trump et le premier ministre libanais Nawaf Salam.
Lors de sa discussion avec ce dernier, il a souligné les liens d’amitié entre le Canada et le Liban, pays entraîné malgré lui dans la crise. Il a également salué la décision récente de Beyrouth de déclarer illégaux deux groupes paramilitaires : le Hezbollah, basé au Liban, et le Corps des gardiens de la révolution islamique, les protecteurs du régime iranien.
Mark Carney en a profité pour réaffirmer la position canadienne selon laquelle le Hezbollah doit cesser immédiatement toute attaque contre Israël, demandant à l’ensemble des parties prenant part au conflit de réduire les tensions et de respecter la souveraineté du Liban. Il a aussi exprimé son soutien à la Force intérimaire des Nations unies au Liban et appelé à garantir la sécurité de ses Casques bleus.
Enfin, Ottawa promet d'offrir de l’aide humanitaire au Liban ainsi qu’aux pays voisins touchés par la crise.