Du côté de la Sûreté du Québec, l’implantation de mécanismes de préautorisation dans certaines stations-service reçoit un accueil favorable. Pour Hugues Beaulieu, ce type de mesure permet aux commerçants de limiter les pertes liées aux oublis de paiement ainsi qu’aux départs intentionnels sans acquitter la facture.
Le porte-parole cite notamment l’exemple du Marché Express de Saint-Félicien, qui impose désormais le prépaiement ou la préautorisation avant l’utilisation des pompes.
« Je salue ce genre d’initiative. Les commerçants choisissent ainsi une façon efficace de réduire les risques associés aux départs sans paiement et de mieux protéger leurs opérations », mentionne-t-il.
Selon la SQ, la problématique prend de l’ampleur depuis la hausse marquée des prix du carburant observée dans la foulée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les policiers remarquent une augmentation graduelle des signalements liés aux départs sans paiement dans plusieurs secteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
« Nous observons cette tendance un peu partout dans la région. Les commerçants nous rapportent davantage d’événements comparativement aux années précédentes », indique Hugues Beaulieu.
Situation complexe sur le plan légal
Le porte-parole reconnaît toutefois que les interventions policières demeurent limitées dans plusieurs dossiers de cette nature. Déterminer l’intention réelle du conducteur représente souvent un défi pour les enquêteurs.
« Une personne peut quitter les lieux volontairement sans payer, mais elle peut aussi simplement oublier de le faire. Cette distinction complique évidemment le dépôt d’accusations criminelles », explique-t-il.
Selon lui, plusieurs situations relèvent davantage du domaine civil que criminel, ce qui réduit les possibilités d’intervention policière.
« Dans certains cas, le dossier ne touche pas directement au champ d’action policier. Ça complique les démarches pour les commerçants comme pour les corps policiers », conclut le porte-parole de la SQ.