La Société d’histoire de Saint‑Félicien réunit des passionnés en quête d’un même objectif : mettre en lumière le passé de leur communauté.
En ce vendredi après‑midi, les lieux fourmillent d’activités. Bénévoles et employés s’affairent avec entrain dans les locaux aménagés au sous‑sol de la sacristie, à l’arrière de l’église de Saint-Félicien.
L’autrice de ces lignes y rencontre Michel Doyon, impliqué depuis plus de 25 ans au sein de l’organisme. Devant lui, une table entièrement couverte de documents liés à l’exposition agricole de Saint‑Félicien. Avec minutie, il examine chaque pièce, les classe et les organise.
« Je suis en train de rapatrier des dossiers qui étaient déjà là pour qu’on ait le plus d’informations possibles au niveau de l’exposition agricole », explique-t-il.
La Société d’histoire de Saint‑Félicien regorge de véritables trésors. À travers ses nombreux fonds, on peut retracer les coutumes, les mœurs et la vie des familles d’autrefois. Ces archives témoignent de l’évolution sociale et culturelle de la communauté.
Parmi les fonds les plus importants figure celui de Benoit Laprise. Cultivateur de formation, il a occupé plusieurs postes influents au sein de la communauté. Il s’est engagé en politique comme maire de Saint‑Félicien, puis comme député du Parti québécois. Il a également contribué aux domaines de l’éducation, au sein de la commission scolaire, et de l’agriculture, à l’Union des producteurs agricoles.
« Benoit Laprise nous a amené toute sa vie, indique le président du conseil d’administration, Martin Guillemette. Il avait une caverne d’Ali Baba. En bas de son appartement, il avait rénové un petit local pour lui. Il avait son bureau là. Il préservé tous les articles de journaux depuis les années 70. »
D’autres figures marquantes, comme l’ancien maire Alfred Hamel et le fondateur du Zoo de Saint‑Félicien, Ghyslain Gagnon, ont également des fonds qui leur sont consacrés.
Dynamisme et débrouillardise
Si la Société d’histoire de Saint‑Félicien perdure depuis tant d’années, c’est grâce à son dynamisme et à sa débrouillardise. Fondé en 1989, l’organisme est la seule société d’histoire du Saguenay–Lac‑Saint‑Jean qui ne soit pas agréée par les Archives nationales du Québec, ce qui le prive de certaines subventions, souligne Martin Guillemette.
Malgré l’appui de la Ville de Saint‑Félicien, le financement demeure un défi à relever. Pour y répondre, l’organisme organise un souper‑bénéfice, un tirage moitié‑moitié et mise sur la vente de cartes d’abonnement.
Le recrutement de relève constitue également un enjeu important. L’organisme souhaite attirer davantage de jeunes afin d’assurer le renouvellement de ses membres. Un lac-à-l’épaule est prévu avec l’équipe au mois de juin afin de réfléchir à de nouvelles avenues.
En parallèle, la Société d’histoire de Saint‑Félicien entreprend la numérisation de ses archives dans un logiciel dédié, afin d’en faciliter l’accès au grand public.
En terminant, Martin Guillemette lance un message à la population : « Si vous ne voulez pas que vos archives se perdent, la Société d’histoire de Saint-Félicien est une belle place. Ça reste accessible aux familles. »