Le Comité de l’immigration économique (CIE) du Saguenay–Lac‑Saint‑Jean accueille favorablement la décision du gouvernement fédéral de prolonger de 12 mois les permis de travail de certains travailleurs étrangers temporaires.
L’organisme estime toutefois que cette mesure, bien qu’elle aille dans la bonne direction, demeure insuffisante pour répondre adéquatement aux besoins des régions, en particulier ceux du secteur manufacturier du Saguenay–Lac‑Saint‑Jean.
Selon le CIE, les assouplissements récemment annoncés dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) ne tiennent pas pleinement compte des réalités économiques régionales. L’organisme souligne notamment que les exigences actuelles excluent des métiers essentiels à la vitalité du tissu industriel local, comme la soudure, malgré une pénurie de main-d’œuvre bien documentée.
Le Comité réitère ainsi sa demande au gouvernement fédéral de reconnaître le secteur manufacturier comme un secteur prioritaire, au même titre que la santé et la construction, dans l’application du PTET. Il souhaite également que cette reconnaissance s’accompagne d’une prise en compte accrue des métiers en pénurie et des particularités régionales.
De plus, le CIE demande que les permis de travail des travailleurs étrangers temporaires œuvrant dans le secteur manufacturier en région soient prolongés pour une période minimale de 24 mois afin d’offrir une plus grande stabilité aux entreprises.
Rappelons que les récents ajustements au PTET permettent aux entreprises de maintenir leur nombre actuel de travailleurs étrangers temporaires et d’augmenter leur ratio maximal de 10 % à 15 %. Un rehaussement jugé mal adapté par le CIE, qui plaide pour un retour à un seuil de 20 % pour les entreprises manufacturières du Saguenay–Lac‑Saint‑Jean.
« L’ouverture du gouvernement à modifier son approche sur la question des travailleurs étrangers temporaires permet de poursuivre la discussion sur l’importance cruciale de la régionalisation. L’annonce démontre plus que jamais qu’il faut que la réalité des régions manufacturières soit mieux comprise. », a déclaré Luc Boivin, maire de Saguenay et porte-parole du CIE.
Il estime que les mesures annoncées restent insuffisantes et illustrent la nécessité d’éviter des politiques mur à mur, citant notamment l’exclusion de la Ville de Saguenay.
Une délégation attendue à Ottawa
Dans le but de faire valoir ces enjeux, une délégation du CIE du Saguenay–Lac-Saint-Jean se rendra à Ottawa le 24 mars afin de rencontrer des élus fédéraux et de leur présenter les réalités vécues par les entreprises de la région.
« Les besoins de nos entreprises manufacturières sont réels et documentés, mais on constate qu’il reste énormément de travail à faire auprès des paliers de gouvernement. », a expliqué Marc St‑Hilaire, directeur général d’Alliage 02.
Selon lui, la prolongation de 12 mois annoncée par Ottawa aura peu d’impacts concrets pour plusieurs entreprises manufacturières du Saguenay–Lac‑Saint‑Jean. Il rappelle toutefois l’importance stratégique des travailleurs étrangers temporaires pour l’économie régionale.
« Chaque travailleur étranger temporaire qui vit dans notre région, c’est une ligne de production qui tourne, un contrat qui se réalise, une PME qui peut continuer à s’épanouir. C’est ce qu’on appelle de l’immigration économique », a-t-il conclu.