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[Chronique] Ces pompiers que l’on tient pour acquis

Serge Tremblay
Le 25 mars 2022 — Modifié à 09 h 57 min le 25 mars 2022
Par Serge Tremblay - Rédacteur en chef

[Chronique] Ces pompiers que l’on tient pour acquis

Le drame survenu jeudi soir à Saint-Edmond-les-Plaines, où un pompier a perdu la vie dans l’exercice de ses fonctions, est un triste rappel d’une réalité que l’on tend à oublier : ces gens risquent leur vie pour protéger la nôtre et nos biens.

La plupart d’entre nous n’aurons probablement pas besoin de leurs services, du moins on le souhaite ardemment. Notre relation aux pompiers se limite à les rencontrer à l’occasion lors d’activités de prévention ou de charité. La curiosité nous incite à arrêter le long de la rue pour les regarder travailler lors d’un incendie, bravant flammes et fumée, mais sans plus.

Tant que l’on n’a pas besoin de faire appel à eux, on ne mesure pas pleinement à quel point ces hommes et ces femmes sont utiles et nécessaires. Mais quand c’est notre domicile qui est en feu, que c’est un proche qui est prisonnier de son véhicule et qui a besoin des pinces de désincarcération, quand c’est un bon ami qui se retrouve prisonnier des glaces… dieu que l’on doit être soulagé de les voir arriver.

On oublie que nos pompiers sont des gens « ordinaires ». Ordinaires au sens où ce sont des voisins, collègues de travail, pères et mères de famille comme les autres, qui ont un emploi régulier et des responsabilités quotidiennes. Ce qui n’est pas ordinaire, c’est qu’ils acceptent de faire un pas de plus, de se rendre disponibles, de jour comme de nuit, de semaine comme le weekend, afin d’endosser le rôle de pompier.

Souvent c’est une affaire de passion, on peut le constater aisément à les voir aller et à les entendre. C’est sans doute aussi une question de défi, de se confronter à la peur qui doit naturellement vouloir s’insinuer en vous face à un brasier.

Avant tout, être pompier me semble être une activité éminemment humaine. Accepter que sa vie puisse être placée à risque pour venir en aide à autrui est sans doute ce qu’il y a de plus noble dans l’humanité. C’est être là pour son prochain au moment où il en a le plus besoin.

Nos pompiers à temps partiel sont avant tout des volontaires, des gens qui pourraient très bien décider qu’ils n’ont pas besoin de ça dans leur vie.

Ce sont là des services essentiels que l’on tient pour acquis, mais à bien y regarder, ce sont des services qui reposent entièrement sur un petit nombre de personnes qui font du service à la population une priorité dans leur vie.

Comme cet homme de 51 ans qui n’est pas rentré chez lui, jeudi soir, car il avait reçu l’appel du devoir.

À ses proches ainsi qu’à toute la grande famille des pompiers, nos plus sincères condoléances.

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